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Le Journal des débats - 23 août 1925

Journal des débats 1925 08 23 art 02 le voyage de Monsieur Caillaux à LondresJournal des débats 1925 08 23 Page 02 Les dettes interalliéesJoseph Cailllaux ministre des finances en 1925

LES DETTES INTERALLIÉES
Le voyage de M. Caillaux à Londres
(DE NOTRE CORRESPONDANT)

Londres, 21 août.
Depuis quelques jours, la presse anglaise publie informations sur informations au sujet du prochain voyage à Londres du ministre des finances, sur ce qu'il fera et ne fera pas, proposera ou ne proposera pas. En vérité, personne ne saurait dire d'avance sur quels points porteront les conversations que M. Caillaux aura à Londres avec les représentants de la Trésorerie et du gouvernement britanniques. Il y sera question des dettes, c'est bien entendu. Mais le problème est tellement vaste et compliqué qu'il est, pratiquement parlant car c'est une simple question de fait, impossible dans un court séjour à Londres que la question puisse être traitée à fond.

L'exemple des négociations belgo-américaines, qui ont duré trois semaines, peut être encourageant, comme dit le Times, mais les circonstances sont bien différentes. Le problème à résoudre entre la Belgique et les Etats-Unis était relativement simple et ne se compliquait pas de négociations parallèles avec une tierce partie. Il est impossible, en vue des correspondances déjà échangées, de discuter le problème franco-anglais sans, en même temps, tenir compte des répercussions qu'il peut avoir sur le problème franco-américain. Il est, de plus, très probable que le règlement anglo-américain aura une influence sur les négociations franco-britanniques.

Et il y a encore autre chose qu'il ne faut pas oublier, c'est le caractère si étroit, si intime des relations financières entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. C'est probablement une exagération que de prétendre que l'Angleterre est sous la domination financière de l'Amérique, comme on l'a dit et écrit dans des publications anglaises. Il faut faire la part des nécessités de la polémique. Cependant, il n'est guère douteux que certaines mesures financières prises par la trésorerie britannique ont été adoptées après consultations entre Londres et New-York et que peut-être elles eussent été impossibles sans ces consultations. On n'a pas oublié le voyage que fit en Amérique, en l'entourant d'un mystère un peu bizarre, le gouverneur de la Banque d'Angleterre quelque peu avant le retour de l'Angleterre à l'étalon d'or, et les rumeurs auxquelles ce voyage donna lieu.

Si l'on tient compte de ces faits, il devient clair que les négociations que se propose d'amorcer le ministre des finances seront prolongées et auront un caractère un peu plus que bilatéral. Quant au voyage même du ministre des finances, il est à présumer que ses entretiens, non seulement avec les réprésentants de la trésorerie, mais, vraisemblablement, avec des personnages influents des milieux financiers et de la banque, porteront sur des considérations et des principes d'ordre général plutôt que sur des points de détail.

Enfin il n'est peut-être pas sans intérêt de noter que, dans un article sur l'accord belgo-américain, le Times insistait beaucoup sur le caractère exceptionnel de cet accord, qui ne saurait être invoqué comme un précédent, ni considéré comme une indication de l'attitude de l'Amérique quand il s'agira des dettes française et italienne.
«Et il n'a absolument aucun rapport, dit-il, avec les questions difficiles que M. Caillaux vient discuter lui-même la semaine prochaine avec la trésorerie britannique.» C'est une affirmation et non une simple supposition, comme on voit.

P. V.

L'accord belgo-américain
Nous avons annoncé hier que le président Coolidge avait signé l'accord intervenu entre la délégation belge et la commission américaine de consolidation des dettes.
On apprend aujourd'hui que les termes de cet accord ne seront pas publiés officiellement avant la ratification par le Sénat américain.

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