Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


Le Petit Journal illustré - 23 août 1925

Le Petit écho de la mode 1925 08 23 art 03 plaidoyer contre le chienLe Petit écho de la mode 1925 08 23 Page 03 pladoyer contre le chien, fidèle compagnon

PLAIDOYER CONTRE LE CHIEN

C'est la fidélité même ? En effet il est presque aussi fidèle aux étrangers qu'à son maitre. Mais il chérit son maître surtout.
De loin il accourt à sa voix, l'entoure de ses bonds, et lui montre le chemin en faisant la navette, pour lui aplanir les voies et lui couper l'air. Il couvre de ses abois jaloux la voix chère qui parle à des amis. Mais il se tait et file si cette voix l'appelle.
C'est qu'il ne tient pas à rentrer à la maison. Pour obliger le maître à en sortir, il multiplie les ruses. Il prend la bonne place auprès du feu, se couche sur le tabouret où l'on allait mettre son pied; vous ne pouvez faire un pas sans l'avoir dans les jambes. Et il vous tire la langue, tout le temps, avec de bons yeux pleins d'indulgence pour ses propres méfaits.
C'est une bien bonne bête. Il déteste seulement la musique, les cloches, le bon ordre des jardins, les autres chiens, les chats, les visiteurs de jour et de nuit, les rats, les oiseaux et les papillons qu'il poursuit à perte d'haleine. Par contre, il adore le gibier abattu par le plomb du maître et il lui en laisse les morceaux de choix : les pattes et le bec. Oui, c'est la fidélité même. On peut lui confier n'importe quoi, sans danger. A preuve la mince tranche de jambon d'York qu'il porte constamment entre les dents et à laquelle il ne mord jamais.

LOUIS LANDRON,

Retour 23 août 1925