| Paris-Soir - 04 octobre 1925 |
LE PACTE DE SÉCURITÉ
La Conférence de Locarno s'ouvrira lundi
Le voyage de M. Tchitchérine est un acte politique important.
Les délégations des différents Etats, qui seront représentés à la Conférence de Locarno, sont en route pour le lac Majeur, et les premières conversations sont prévues pour lundi.
La France, l'Angleterre, la Belgique, l'Allemagne, la Pologne et la Tchecoslovaquie ont comme mandataires leurs ministres des Affaires étrangères. Pour l'Allemagne, le chancelier Luther accompagnera M. Stresemann. L'Italie enverra le sous-secrétaire d'Etat Grandi, et son premier délégué à la S.D.N., M. Scialojano
On sait quelles sont les questions qui doivent être traitées à Locarno: le pacte de sécurité pour l'Europe occidentale, les compromis d'arbitrage entre l'Allemagne, la Pologne, et la Tchécoslovaquie ; l'admission du Reich dans la S.D.N. Il ne serait pas étonnant que les pourparlers fussent longs. Et cependant on s'accorde à attribuer à cette Conférence de Locarno un caractère purement préalable.
Elle aura été précédée d'un voyage de M. Tchilcherine dont il est inutile de souligner la portée et qui apparaît comme un véritable événement politique. A Varsovie, le commissaire du peuple aux Affaires étrangères a conféré avec son collègue polonais, le comte Skrynski, et un traité douanier a été mis sur pied. Mais il n'est pas douteux que, derrière cette tractation commerciale, se dissimule un échange de vue diplomatique. Depuis 1920, et malgré la paix de Riga, la tension subsistait entre la Russie et la Pologne. A la veille de la Conférence de Locarno, le gouvernement russe a estimé nécessaire de prendre des précautions contre l'isolement. C'est pour la même raison que M. Tchitcherine s'est arrêté plusieurs jours à Berlin, où il s'est entretenu avec MM. Luther et Stresemann, avec des députés de différents partis, et où il doit être reçu mardi par Hindenburg. Ici aussi la négociation d'un traité de commerce est destinée à masquer des conversations plus larges.
Le commissaire du peuple a, d'ailleurs, dans plusieurs interviews, indiqué l'objectif qu'il se propose. Il est venu rappeler à L'Allemagne l'existence du traité de Rapallo, qu'il a jadis conclu avec elle. Il appréhende que l'Angleterre ne pratique, contre la Russie, une politique d'encercle- ment, grâce aux obligations que le cabinet de Berlin contracterait, s'il entrait dans la S.D.N.
En somme il a voulu se doter de garanties au moment où s'ouvrait la Conférence de Locarno.
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