Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


Le Figaro Littéraire - 04 octobre 1925


Le Figaro littéraire 1925 10 04 Choses et gens de Lettres la péréquation - Les citoyens ne doivent l'impôt qu'en raison de leurs facultés

Le Figaro littéraire 1925 10 04 Page 1

Choses et Gens de Lettres
PÉRÉQUATION

Comme il était à prévoir, la lettre si généreuse et si précise de M. Paul Bourget sur les impôts des écrivains, a recueilli, dans la littérature et dans la presse, l'unanimité des suffrages - sauf un celui de M. Clément Vautel.
Evidemment, contre nos revendications, cette voix unique ne constitue pas ce qu'on peut appeler une majorité. Mais, où je verrais la faiblesse de M. Vautel, c'est moins dans son tragique isolement que dans ses erreurs d'ordre économique.
Aux faits et aux chiffres si péremptoires formulés par M. Paul Bourget, aux faits et aux chiffres que nous avons souvent énoncés ici, qu'oppose, en effet, M. Clément Vautel? Des faits et des chiffres? Nullement, sa réponse se réduisant à nous crier avec éclat : «Pas de faveurs! Pas de privilèges! Pas d'aumônes Tous les citoyens égaux devant l'impôt et chez le percepteur ! Les littérateurs comme les autres !»
Excellents principes, certes, mais à condition de les appliquer selon les règles et en les adaptant à la réalité courante.
Or, que nous montre celle-ci ? Presque partout, depuis la guerre, les salaires ont quadruplé. On a quadruplé, en conséquence, les impôts. Rien de plus équitable.
Par contre, il est une profession, celle des lettres, dont les salaires ont à peine doublé, quand ils ne demeuraient pas stationnaires. Si donc on quadruple les impôts de cette profession, on lui fera verser au fisc cinquante pour cent de plus que les autres métiers.
Pour éviter pareille injustice, un seul moyen s'offre et même s'impose : ce sera de diminuer de moitié les contributions des écrivains. Et il y n'y aura pas là, comme se l'imagine M. Vautel, inégalité, mais simplement ce qu'on nomme en style administratif, péréquation des charges.
D'ailleurs, qui a proclamé solennellement que les citoyens ne doivent l'impôt qu'en raison de leurs facultés ? C'est, si je ne m'abuse, un texte dont, avec son horreur des privilèges, M. Clément Vautel ne peut que raffoler: la Déclaration des droits de l'homme.

Fernand Vandérem.


Retour 04 octobre 1925