| La Presse - 04 octobre 1925 |
L'Echec des Soviets en Chine
La Russie et le Pacte
M. Kharakhan, ambassadeur des Soviets en Chine, se trouve actuellement à Moscou. Il a rendu compte à son gouvernement de la marche de l'activité communiste en Chine. De son rapport, il ressort que malgré les sommes immenses (quelques millions de roubles-or) dépensés par les Soviets en Chine pour transformer le mouvement actuel chinois en révolution, ce mouvement reste nationaliste et républicain.
En générale, le Gouvernement soviétique se trouve actuellement devant un échec de sa tentative de mainmise sur l'Extrême-Orient. L'activité des agents soviétiques en Europe va donc redoubler. Le mouvement sera dirigé par le Comité anglo-russe de Londres et par une filiale de l'organisation qui se trouve à Anvers où les communistes français vont se concerter avec les Russes. Tous les efforts vont être dirigés vers la France et l'Angleterre.
Le rapprochement de la Russie de la Pologne tel qu'il paraît résulter de la visite de M. Tchitcherine à Varsovie a provoqué dans la presse des commentaires très différents. D'aucuns s'en félicitent, comme d'un pas fait en avant vers un arrangement pacifique de l'Europe; d'autres s'en alarment comme d'un nouvelle tentative de la Russie pour saboter le pacte en gestation.
En vérité, la Russie a compris que, de toutes les manières, le pacte se fera quand même, et que désormais toute tentative pour s'y opposer serait absolument inutile. L'action de M. Tchitcherine est donc dirigée pour faciliter, en apparence, la conclusion du pacte. En donnant l'impression d'un rapprochement de la Russie de la Pologne, cette dernière se sentira moins menacée et, par conséquent, elle insistera moins pour avoir une garantie efficace de la part de la France. Ceci, en définitive, ne peut pas déplaire à la France et c'est naturel car chaque Gouvernement cherche à atteindre le plus de résultats en prenant le moins d'engagements possible.
De cette manière, le pacte resterait toujours plus dépourvu d'une armature sotide, donc moins dangereux pour la Russie, qui craint de rester isolée en face d'une Europe décidée, enfin, à se défendre.
En d'autres mots : une Pologne moins garantie, serait une proie plus facile.
Tout en ne s'abandonnant à aucun romantisme politique, on peut penser qu'à la démarche de M. Tchitcherine envers la Pologne, n'a pas été étrangère une entente préalable de la Russie avec l'Allemagne.
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