| Excelsior - 06 décembre 1925 |
On a fêté, cette semaine, le vingt-cinquième anniversaire de l'entrée des femmes au barreau. C'est une liberté conquise, et il faut toujours applaudir à de pareilles victoires. Les résultats ont-iis répondu à ce qu'on espérait? C'est une autre affaire. Les femmes peuvent plaider. Ont-elles du talent? Assurément. Leur clientèle est-elle nombreuse. A coup sûr, non. Parmi les deux cents femmes qui sont actuellement inscrites à Paris, combien y en a-t-il qui vivent de leur profession? Quatre ou cinq; ce n'est pas assez, évidemment, mais enfin le principe est posé et les passionnés de toutes les libertés sont satisfaits.
| retour 06 décembre 1925 |
On mène, en ce moment, campagne pour que les femmes puissent être avoués, notaires et huissiers. On ne peut rien objecter de sérieux et on y arrivera un jour ou l'autre. Nous avons des femmes médecins, et même pharmaciens. peu, mais enfin nous en avóns, et c'est le principal. Faut-il rappeler les femmes chimistes, dont Mme Curie est la plus illustre? Les femmes astronomes ne sont pas rares, et nous avons quelques dames architectes; les maisons dont elles ont dressé les plans sont aussi solides que les autres, certaines sont seulement plus élégantes.
Il y a même une femme ingénieur. Sortie des premières de l'Ecole des mines et exerçant consciencieusement cette difficile et pénible profession. Il s'agit de Mlle Schrameck on peut la nommer la fille du ministre de l'Intérieur d'hier. Jeune, jolie, très riche, elle pourrait, comme bien d'autres, se contenter d'une vie facile; elle a préféré exercer ce métier pour son agrément. Il y a quelques mois, elle «travaillait» dans les mines de la Sarre. Non seulement elle dessinait des plans dans les bureaux, vérifiait les cotes, mais encore, vêtue de la légendaire «salopette», elle descendait dans la mine, à 700 ou 800 mètres, pour vérifier les travaux.
Faut-il rappeler les femmes compositeurs de musique, chefs d'orchestre, auteurs dramatiques, romancières et journalistes? Leur talent est indiscutable, et beaucoup d'hommes jalousent leurs succès.
JEAN-BERNARD



