| Le Petit Journal Illustré - 13 décembre 1925 |
NOS GRAVURES
La Catherinette et le pendu
Au retour d'une joyeuse fête, où l'on avait célébré de nouveau, et quoique la date en fût passée, la Sainte-Catherine, une jeune Parisienne blonde et charmante, coiffée de son bonnet, rentrait chez elle vers quatre heures du matin, lorsque, arrivée à l'angle de la rue Monsieur-le-Prince et de la rue Racine, la malheureuse enfant se trouva nez à nez avec un personnage, dont la seule vue eût certainement ému les plus braves, Dans la pâle lumière d'un bec de gaz se balançait tristement la lugubre silhouette d'un pendu.
A toutes jambes et sans s'inquiéter de l'aplomb de son bonnet, la petite catherinette s'en fut conter son horrible aventure au plus proche gardien de la paix. Et le brave agent, se hâta vers le malheureux désespéré qui, peut-être, respirait encore... D'un seul coup de couteau, la corde fut tranchée et le «corps» s'affaissa sur le trottoir. Le mannequin car c'en était bien un portait accroché à son veston cette épitaphe romantique: «Jean du Bistouen est mort pour l'infidèle».
L'agent s'amusa fort de l'aventure, mais la blonde catherinette déclara qu'elle en avait pour plusieurs nuits d'affreux cauchemars.
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