| Le Petit Écho de la Mode - 20 décembre 1925 |
Noël! jour de joie et de fête familiale! Qui de nous n'y songe longtemps à l'avance et ne rêve de donner à nos chers petits toutes les joies qui rendront si radieux leurs visages d'enfants et qui seront pour eux, plus tard, un si doux souvenir? Mais, pour beaucoup, toutes ces fêtes doivent nécessairement être conciliées avec l'économie et, pour ceux-là mêmes qui sont favorisés de la fortune, il y a quelquefois un scrupule à dépenser pour des fêtes des sommes qui pourraient être converties en dons utiles pour les nombreux pauvres qui les
entourent.
Nous croyons donc être agréables à nos lectrices en leur indiquant, non seulement la manière de garnir un arbre de Noël, mais la façon d'en fabriquer un. Il est bien entendu que ce travail n'est à entreprendre que dans les pays où les sapins sont rares et où l'on est obligé d'en faire venir de loin, chose toujours assez coûteuse.
Les matières à se procurer sont simples:
1° un bâton;
2° du fil de fer fort;
3° du fil de fer un peu fin ou du vieux laiton de chapeau;
4° pour la garniture, des barbes de plumes d'oie qu'on teindra en vert, ou de la mousse, ou du papier vert découpé, ou des effilochures d'étoffe, ou même enfin de très petites branches de sapin. (Ceci pour les endroits où il y a de grands sapins, mais où il ne s'en trouve pas de petits pour en faire un arbre de Noël facilement transportable.)
Nous donnerons ici les dimensions pour un petit arbre pouvant être placé sur une table de famille. Chacun pourra facilement les agrandir ou les diminuer suivant les besoins.
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Prenez un bâton d'environ 0 m. 80 de longueur; puis coupez des fils de fer aux dimensions suivantes: trois de quinze centimètres de longueur, que vous courberez de la façon indiquée figure I; quatre de 0 m. 20 de longueur, courbés de la façon indiquée figure II; quatre de 0 m. 26 de longueur; quatre de 0 m. 32; cinq de 0 m. 38 et six de 0 m. 44, tous courbés suivant le modèle figure II; c'est-à-dire en relevant à droite le fil de fer de façon à former un angle dont le petit côté sera de 0 m. 04 et en abaissant ce même fil de fer à gauche de façon à former un angle dont le petit côté soit également de 0 m. 04. Tous ces fils de fer sont destinés à former les branches horizontales de notre sapin (voir la forme d'ensemble fig. III). Pour monter ces branches, nous prendrons du fil de fer mince et nous enroulerons autour du bâton de façon à fixer les branches de la manière indiquée figure IV.
Le premier rang de branches sera fixé à l'extrémité supérieure du bâton; le second à 0 m. 10 plus bas; le troisième, à 0 m. 11 plus bas; et les autres rangs à 0 m. 12 les uns des autres. Toutes les branches de même longueur seront fixées à la même hauteur.
Il est vivement conseillé de faire le travail de façon à ce que toutes les branches de même longueur puissent se replier les unes sur les autres de la façon indiquée. figure V. Ceci permettra, après les fêtes, de replier l'arbre qui deviendra un objet plat, facile à serrer et pouvant facilement être employé plusieurs années de suite.
Au-dessous des branches, le bâton sera recouvert de papier ou d'étoffe brune et taillé en pointe de façon à pouvoir être planté dans un pot à fleur rempli de terre, dans une caisse en carton bourrée de papier ou dans un des plus beaux cache-pot possédés par la famille.
Les branches de fil de fer et la partie du bâton située au-dessus des branches seront garnies de façon à imiter le mieux possible les aiguilles du pin, et un fil de fer très fin ou même du fil ordinaire fixera cette garniture.
Si l'on veut employer les barbes de plumes d'oie dont il a été parlé plus haut, il faudra couper le tuyau de la plume de façon à obtenir deux bandes de barbes tenues les unes aux autres par une bande souple enlevée au tuyau de la plume.
Si l'on a l'intention de fixer à l'extrémité des branches de petites bougies, on laissera ces extrémités dans la forme indiquée figure II, et on ne commencera à les garnir qu'un centimètre en dessous de leur extrémité supérieure. Ce centimètre de fil de fer laissé nu servira à enfiler la petite bougie. Si, au contraire, on préfère un mode d'illumination autre que les bougies, par exemple les coquilles de noix dorées remplies d'huile ou de graisse et garnies de petites veilleuses, on donnera à l'extrémité de la branche une des formes II bis ou II ter et l'on se servira du petit crochet ainsi formé pour fixer le fil de fer destiné à soutenir les coquilles de noix. Même disposition pour soutenir les lanternes japonaises.
Garniture des arbres de Noël.
1° Sans rien acheter. On peut garnir très joliment un arbre de Noël sans rien acheter pour cela, si l'on a soin de mettre de côté, pendant l'année, les bouts de rubans et de faveurs, les papiers de soie et les papiers de couleur, les papiers d'étain enveloppant le chocolat, etc., choses que beaucoup de personnes jettent. Les papiers d'étain recouvriront les étoiles; les rubans attacheront les objets aux branches, et les papiers formeront des papillotes pour les bonbons et gâteaux ou envelopperont les objets qui auraient besoin de l'être. Quant aux jouets, nos lectrices savent qu'un papa et une maman peuvent en fabriquer de charmants avec des matériaux sans valeur. Nous rappellerons la grande ressource des images découpées et collées sur carton, qui permet d'organiser pour les petits des jeux de soldats, des forts, des fermes, etc.; l'emploi des bouchons et des boites d'allumettes, avec lesquels on fabrique des personnages, des chemins de fer, des maisons; les poupées et les animaux en chiffons ou en bois découpé, etc. Nous n'oublierons pas les petits savons enveloppés de papier rose que Noël apporte parfois aux enfants qui oublient de se laver les mains. Quant aux verges, j'espère bien qu'aucun de nos petits n'en méritera; il serait cependant facile d'en fabriquer avec des branchettes ramassées dans le jardin ou dans un bois voisin, givrées à l'aide d'un peu de plâtre délayé dans l'eau et ornées d'un beau noeud de ruban ou de
papier crêpé.
2° Quand on veut bien acheter quelques accessoires. Nous conseillons d'abord ces longs fils d'argent que quelques personnes appellent «cheveux de la Vierge» et qui, suspendus aux branches, sont vraiment d'un joli effet; puis quelques feuilles de papier de soie de différentes couleurs (crêpé ou non) et un peu de papier doré. Un pot de mixture pour dorer (qualité ordinaire, prix deux ou trois francs) rendra parfois de grands services, en permettant d'utiliser des petits objets un peu fanés et qui une fois dorés paraîtront neufs, petits paniers, bibelots en bois, etc. Des coquilles de noix dorées et attachées ensemble par une faveur forment une amusante décoration, et l'on peut mettre à l'intérieur des coquilles de tout petits objets formant surprise. Pour les personnes qui ont chez elles l'électricité, nous pensons que l'achat d'une série d'ampoules très petites est une dépense assez sérieuse, mais cependant raisonnable, parce que ces ampoules peuvent servir en de très nombreuses circonstances: à Noël, pour l'éclairage de l'arbre, dans les diners pour celui de la table, dans les réceptions pour varier et augmenter l'éclairage ordinaire des salons, etc.
3° Quand on est disposé à acheter toute la garniture. Les personnes qui disposent de peu de temps trouveront dans les maisons spéciales des caisses contenant un grand nombre d'objets pour un prix avantageux. On vend ainsi des collections de cinquante, cent, deux cents jouets à des prix qu'il serait impossible d'obtenir en les achetant un à un.
TANTE DENISE.



