| Le Petit Parisien - 27 décembre 1925 |
LA BLANCHISSEUSE PERSÉCUTÉE PAR UN CROQUE-MORT
Depuis dix-huit mois, Mme G... blanchisseuse 61, rue Mouton-Duvernet, était au supplice de ne pas réussir à démasquer le mauvais plaisant qui, par des papillons collés à la porte et dans le quartier, par des lettres anonymes à ses voisines, s'acharnait à la dépeindre sous les couleurs les moins flatteuses, quand l'idée lui vint de confronter l'écriture de ces papillons avec les mentions inscrites sur ses carnets de blanchissage de ses clients.
L'épreuve fut décisive. Papillons et mentions étaient de l'écriture du croque- mort Lasperches, et, sans compter les expertises qui attestèrent cette similitude, Mme G... fut d'autant plus convaincue de la culpabilité de l'homme des pompes funèbres, qu'il lui revint en mémoire certain propos d'où elle conclut qu'il n'eût tenu qu'a elle que son persécuteur lui manifestât de tous autres sentiments. Elle porta donc plainte, et, hier, le croque-mort, que défendait M Jean Baux, a été, par la treizième chambre, condamné à six mois de prison, 100 francs d'amende, et 20.000 francs de dommages-intérêts au profit de la blanchisseuse,
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