| Le Temps - 27 décembre 1925 |
RUSSIE
Le congrès bolcheviste
Une dépêche de Moscou, retardée en transmission, donne quelques nouveaux détails sur le congrès du parti bolcheviste, qui vient de clore ses travaux par l'approbation des thèses de M. Staline et la condamnation de celles de MM. Zinovief et Kamenef.
D'après cette dépêche, la discussion entre les organisations communistes de Léningrad et de Moscou avait pris une forme aiguë à l'occasion du congrès du parti. Moscou accusait en particulier M. Zinovief, président du soviet de Léningrad, de douter de la valeur socialiste de la politique économique actuelle de l'Union soviétique.
Les partisans de la politique officielle occupant des postes importants à Léningrad avaient été remplacés par des adversaires du comité central, et toute la délégation de Léningrad au congrès, avec M. Zinovief à sa tête, était en opposition avec les dirigeants de Moscou.
Après le rapport de M. Staline, la délégation de Léningrad exigea qu'un rapport contradictoire fut fait par M. Zinovief. Cette proposition fut accueillie avec indignation par l'assemblée, mais acceptée, conformément au règlement. En éditorial, la Pravda écrit à ce sujet :
«C'est un fait inouï qui se produit pour la première fois dans les annales du parti.»
Le discours de M. Zinovief s'est prolongé tout l'après-midi sur un ton de polémique mordante. M. Boukharine a répondu de façon non moins vive.
La position de M. Zinovief et même celle de M. Kamenef sont compromises. D'autre part, selon les termes d'une lettre de l'organisation communiste de Moscou à la section de Léningrad, MM. Zinovief et Kamenef ont soutenu récemment, au bureau politique, que «l'Union soviétique ne pourrait pas surmonter les difficultés intérieures dues aux méthodes techniques et économiques arriérées, si une révolution internationale ne vient la sauver».
La conférence du désarmement
On mande de Moscou : Dans un éditorial, les Izvestia déclarent que, bien que le conseil de la Société des nations reconnaisse le rôle considérable joué par l'Union soviétique dans la question du désarmement, on a cependant, dans l'invitation qu'on a faite à l'Union soviétique de participer aux travaux préliminaires à la conférence du désarmement, fait choix de Genève comme lieu des travaux de la commission. De plus, la tendance de la presse anglo-française à rattacher la question de la participation à l'entrée de l'Union soviétique dans la Société des nations indique le désir de provoquer un refus de l'Union soviétique de participer à la conférence du désarmement.
Se référant aux indications de la presse, selon lesquelles le choix de Genève serait inacceptable, non seulement pour l'Union soviétique, mais aussi pour les Etats-Unis, qui préfèrent que la conférence soit convoquée à Washington, parce qu'ils désirent y jouer un rôle décisif, le journal souligne de nouveau que le gouvernement soviétique désire collaborer avec les autres puissances à l'œuvre de désarmement, mais demande avant tout la clarté et la renonciation à toute provocation.
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