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Le Petit Parisien - 07 juin 1925

POUR ET CONTRE

Il ne faudra pas nous étonner si ces temps-ci nous trouvons un petit goût de limandes à nos petits pois; et si les carottes sentent le hareng. Ce sera tout naturel.
Nous venons d'apprendre, en effet, qu'entre le 16 et le 21 mars, à Boulogne-sur-Mer, la pêche a été si abondante qu'on en a été réduit à faire de l'engrais avec le bon poisson frais, qu'on a payé quatre francs les cent kilos et qu'on a ensuite jeté dans les entrailles de la terre, la terre nourricière et bien nourrie...
Ainsi, la campagne en faveur du poisson a enfin porté ses fruits... Les champs eux-mêmes, les champs de choux et les champs de navets, mangent du merlan. Souhaitons qu'ils ne prennent pas le goût de la langouste et du turbot, sinon il deviendra joliment difficile de les nourrir...
Le ministre du commerce, récemment questionné au sujet de cette petite affaire (le poisson-engrais se vendit quatre francs les cent kilos, deux centimes la livre !!!) a fait connaitre à M. Laniel, député, que, dès maintenant «des mesures étaient envisagées» afin d'éviter, dans l'avenir, le retour de pareils faits. Désormais, avant d'engraisser les champs, on pensera en Haut lieu, à engraisser un peu les consommateurs, quand le poisson, à Boulogne, vaudra quatre sous les dix livres !... C'est là une officielle et agréable promesse.
En attendant, j'ai voulu savoir à quel prix, aux Halles où tous les consommateurs n'ont pas tous le loisir d'aller faire leurs emplettes on a vendu le poisson ordinaire pendant cette période de mars où, à Boulogne, la marée ne trouvait plus preneur sauf à quatre francs les cent kilos...
Eh bien ! aux Halles, il y avait aussi une baisse sur le poisson... Seulement cette baisse était, en vérité, beaucoup moins sensible qu'à Boulogne... C'était une baisse de quarante pour cent environ sur les hauts cours du début de mars où le poisson était en hausse sensible... Et le colin valait encore quatre francs le kilo, ainsi que le merlan... Ces prix déjà nous semblaient favorables, et doux... Nous ne connaissions pas les prix de Boulogne !...

Une autre fois, quand à Boulogne, le poisson vaudra deux centimes la livre, il faut espérer que, grâce au téléphone, au télégraphe et à la T. S. F., nous finirons par le savoir !

Maurice PRAX

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