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La vraie inégalité devant l'Impôt
D'une statistique que le ministère des Finances vient de publier, il ressort que la cédule des bénéfices agricoles a produit 43 millions et demi en 1924, alors que les autres impôts ont donné des sommes beaucoup plus importantes, savoir: Propriété non bâtie, 196 millions et demi; propriété bâtie, 369 millions et demi ; traitements et salaires 244 millions et demi; professions non commerciales, 78 millions; bénefices commerciaux et industriels, 1.600 millions. Ces quelques éléments suffisent à montrer: la disproportion qui existe entre les charges que supporte l'activité agricole et celles qui sont imposées au travail des populations urbaines, ainsi que l'activité commerciale et industrielle.
Or, dans les nouvelles dispositions fiscales en instance devant le Parlement, cette dispro- portion subsiste tout entière, puis que même toutes les cédules sont augmentées dans une même proportion. Il y a mieux même, alors que l'on va frapper la propriété bâtie par une révision de la valeur foncière, la propriété non bâtie n'est en aucune manière atteinte. Or, la revision foncière atteindra non seulement les proprétaires mais aussi les locataires par voie de répercussion. Le travailleur manuel ou intellectuel des villes va voir le taux de sa cédule porté à 10 0/0, alors pour que le travailleur des campagnes échappera au fisc non seulement en raison des conditions de sa rémunération, mais aussi parce que le rélèvement de l'abattement à la base prévu pour lui est le même que pour le salarié du département de la Seine ! Donc, une fois de plus, ce sont les habitants des villes et surtout de Paris, qui auront à supporter les augmentations d'impôts destinées à redresser la situation financière de l'Etat.
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