Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


Le Petit Parisien - 07 juin 1925

SUR LES COURTS DE SAINT-CLOUD LE CHAMPIONNAT DE TENNIS

Mile LENGLEN remporte une victoire facile, en simple, sur miss Mac Kane
LACOSTE, après une lutte passionnante triomphe de Borotra

Le tennis, désormais, n'aura plus rien à envier au football ou à l'athlétisme; comme eux il fait foule , et il ne réunit pas seulement ce calme parterre d'amateurs qu'on lui reprocha si souvent, mais tous ceux, et ils sont maintenant nombreux, qui ne dédaignent pas de braver la canicule pour admirer la beauté d'un drive ou l'élégance d'un smash, s'étaient rendus à Saint-Cloud, sous les tutélaires ombrages, pour la finale des deux championnats de simple. Il y a un public pour les finales, surtout quand elles se disputent un samedi ou bien un dimanche, un public qui commence à être difficile, qui juge les coups, s'indigne, comme il applaudit toujours avec fièvre, massé sur les gradins qui semblent ainsi l'amincir; le court n'est qu'une glace sans reflet.Le Petit Parisien 1925 06 08 Suzanne Lenglen et Jean Borotra
Les curieux ou les passionnés attendent leurs favoris à l'œuvre. Et ce sont des noms qui soudain volent parmi les chapeaux de paille et les cloches claires. On discute des chances comme au seuil d'un match de boxe; on évoque des performances, pour un peu on publierait des statistiques.

Mais voici la première rencontre.
Deux taches blanches dans l'ombre Pantalon serré à la ceinture, la chemise largement échancrée, sandales de cuir, ce sont les adversaires, Borotra et Lacoste, que départage la seule coiffure. L'un porte fièrement campé sur le crâne le petit béret basque, emblème de son pays; l'autre, légèrement engoncé d'une casquette blanche.

Ils commencent. Borotra, plus vite, plus nerveux, porte le jeu en série comme au tir à la carabine. Lacoste, plus réservé, s'accule au fond du court et compte calmement ses défaites. Il se rattrapera bientôt. Au troisième jeu, Borotra a une défaillance: Alors son adversaire reprend la partie à son compte et, à son tour, dévide les trois sets qui font de lui le champion de France. Cela, avec patience, une parfaite sobriété de moyens; avec la calme certitude de l'homme qui attend son heure et qui sait qu'elle sonnera.
Une phase du match arrache l'enthousiasme unanime. Lacoste sert à Borotra une balle que celui-ci renvoie en chandelle au fond du court. Lacoste la repêche et la place au ras du filet. Borotra, athlète accompli, écrase les quinze mètres en d'étonnantes enjambées, cueille la balle et la met à la limite. Alors, vaincu, Lacoste la recueille et la renvoie à son adversaire, avec le même flegme, et les tribunes de manifester joyeusement leur admiration.

Nous allons parler maintenant de Mlle Lenglen.
Comme en la voyant arriver sur le court le front ceint d'un mouchoir rouge, on apprécie déjà sa victoire Mlle Lenglen est le mécanisme total du tennis; l'allure, le geste, le jeu étudié et l'on se sent une certaine compassion, avec de l'admiration tout de même, pour ses toujours malheureuses adversaires, comme cette charmante Miss Mac Kane qui perdit la partie, fors l'honneur en bonne et blonde Britannique.

La chaleur a fait 252 victimes aux Etats-Unis.
New-York, 6 juin (dép. P. Parisien.) Le nombre des morts provoquées par la chaleur intense qui règne en ce moment dans l'Est et le Centre des Etats-Unis a atteint le chiffre de 252. Un certain nombre de personnes ont été frappées de folie et quatre sont mortes dans les parcs de New- York la nuit dernière.

Retour 07 juin 1925