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Paris sans eau
Une fois de plus, Gennevilliers, Bécon, Colombes manquent d'eau. Dans certains immeubles d'Auteuil, les robinets tarissent. Dans tout l'ouest de Paris, on en est réduit à remplir, dès huit heures du matin, tout ce que l'on peut trouver comme récipients de quelque capacité; le reste de la journée, il faudra faire queue à la fontaine publique. L'événement n'aura sans doute pas plus surpris les intéressés que les inondations ne surprennent les riverains de la Seine et de la Marne. Et, de même que les services de la navigation vous décrivent minutieusement les origines hygrométriques de la dernière catastrophe fluviale, les bureaux de la préfecture de la Seine abondent, sur la crise actuelle, en détails scientifiques:
Paris consomme 630.000 mètres cubes d'eau par jour plus de 200 litres par habitant. La consommation, depuis le 1er juin a augmenté de 25 %. D'ailleurs des mesures sont prévues. Les mesures Paris aura autant d'eau qu'il lui sera nécessaire quand les eaux des Vals-de-Loire auront été captées. On pourra amener ainsi un million de mètres cubes. Le malheur, c'est qu'il faudra plusieurs années pour mener à bien cette opération... Nous voilà servis. Mais il est au moins une mesure dont il est question depuis toujours la réfection des canalisations. Où en est-elle ? Car si de nouvelles constructions se sont élevées en banlieue, si les jardins se sont multipliés, si même les gens ont pris goût peu à peu aux ablutions sérieuses encore qu'il faille une autorisation des parents pour conduire à la douche un gosse des écoles - l'eau nous arrive toujours par des conduites, d'un diamètre ridicule, qui correspondaient aux besoins de Paris il y a plus de vingt ans. Et les dépôts de tartre ont fini par les obstruer à peu près complètement, Rien d'étonnant, par conséquent, si les tuyaux des étages supérieurs restent secs.
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