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Le Funi - 28 juin 1925

PETITES CHRONIQUES DOCUMENTAIRESLe Funi 1925 06 28 Petites chroniques documentaires Le bon âge pour être artiste... et la fiancée du Nil fête millénaire

Le meilleur âge de l'homme.
Un magazine américain vient d'avoir l'idée d'une enquête fort intéressante: «A quel âge l'homme a-t-il, au point de vue intellectuel, la plus complète possession de soi-même ?
Il résulte de cette enquête, que l'âge varie selon les occupations intellectuelles de l'homme. Ainsi, c'est généralement entre vingt et trente ans que l'artiste, peintre, sculpteur ou musicien, crée son chef-d'œuvre. L'inventeur réalise surtout sa grande découverte entre trente et quarante ans. L'écrivain, lui, n'acquiert la maîtrise véritable qu'à partir de quarante ans. Quant à l'homme d'affaires, c'est entre cinquante et cinquante-cinq ans qu'il atteint le maximum de clairvoyance, de sang-froid et de précision. Enfin, l'homme d'Etat ne se révèle pleinement qu'après avoir doublé le cap de la soixantaine.
Evidemment, il y a des exceptions, ceci dit pour ne décourager personne.

La fiancée du Nil.
Ce pourrait être, mais ce n'est ni le titre d'un film, ni celui d'un roman. Ces quatre mots rappellent une fête plusieurs fois millénaire qui se déroulait jadis près des bords du fleuve sacré, au moment de la crue, et qui vient d'être encore célébrée ces jours-ci, bien qu'avec un caractère différent.
Aux siècles passés, chaque année, les Egyptiens offraient au Nil fertilisateur, adoré sous le nom de dieu Hapi, une jeune fille parmi les plus belles dans les familles nobles de la terre pharaonique.
Au jour fixé, l'élue, parée de magnifiques atours, se rendait, accompagnée de la foule, d'abord au grand temple ensuite sur la rive. Là, elle montait dans une barque élégamment ornée dont le fond était ouvert. Peu à peu l'eau pénétrait dans la nef, qui finissait par s'abîmer dans les flots, entraî- nant l'aroussa ou fiancée du fleuve. Avec le temps, cette coutume à la fois grandiose et cruelle s'est modifiée.
Vers la fin du dix-huitième siècle, déjà l'habitude était prise de remplacer la fiancée vivante par une statue, grandeur nature, en sucre, que l'on sacrifiait avec le même cérémonial.
A l'heure actuelle, tandis que les autorités et les notables se groupent pour apporter leur hommage au fleuve, les fellahs et les enfants continuent d'y jeter leur petite aroussa de sucre, perpétuant ainsi le souvenir du geste ancien.

Hâpy

Hâpi

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