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LE PACTE DE SÉCURITÉ L'ALLEMAGNE ACCEPTE la note francaise comme base de discussion
Londres, 27 juin, Le Foreign Office a reçu de Berlin l'assurance que le gouvernement de Berlin accepterait la note française comme base des négociations relatives au pacte de sécurité. L'Allemagne négocierait avec la France certains amendements. Elle demanderait son admission dans la S.D.N. en septembre prochain. Les premiers ministres des États allemands approuvent le point de vue du gouvernement d'Empire
(De notre correspondant particulier) Berlin, 27 juin. La discussion sur le pacte de garantie s'est poursuivie aujourd'hui en présence des ministres-présidents des divers Etats allemands qui ont approuvé le point de vue du gouvernement. D'une façon générale, l'Allemagne est donc d'accord pour donner suite à la discussion engagée sur la garantie des frontières. La Wilhelmstrasse désire que les différentes questions en litige soient réglées au cours d'une conférence internationale. Le communiqué officiel publié hier soir par l'Agence Wolff semble conçu et rédigé sur un ton exagérément diplomatique. Pour l'interpréter exactement, il suffit de lire la dernière phrase, ainsi rédigée : « Le gouvernement allemand qui, d'accord avec les derniers mots de la note, se réjouirait de négociations conduisant à une paix véritable, s'en tiendra résolument au programme allemand tendant à un pacte de garantie basé sur une réciprocité absolue. » Tout le reste du communiqué a été dicté uniquement par des considérations de politique intérieure. Les attaques des nationalistes contre M. Stresemann ont repris avec une nouvelle violence. En province, les diverses associations de la droite réactionnaire continuent à considérer le ministre des affaires extérieures comme un traître à la patrie. Ces manoeuvres sont anéanties par le chancelier, M. Luther, qui couvre entièrement son ministre. On prétend même que le cabinet, y compris les ministres natonalistes, a été absolument unanime pour approuver la politique extérieure de M. Stresemann. Dans les milieux de la Wilhelmstrasse, on affiche un certain optimisme sur la conclusion du pacte de garantie. Les points obscurs de la note de M. Briand font l'objet de pourparlers diplomatiques encore en cours. Une réponse au document français ne serait pas donnée avant quinze jours. Ce retard est ainsi expliqué : « Nous ne pouvons définir notre position tant que nous ne savons pas exactement ce que M. Briand a voulu dire dans sa note. » A Berlin, le discours de M. Chamberlain a été accueilli avec une certaine satisfaction. Il est encore trop tôt pour formuler des pronostics sur le sort réservé aux négociations en cours. Les Allemands eux-mêmes ne savent pas encore exactement l'attitude qu'ils prendront.
G. DE VILLEMUS.
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