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Au Palais-Bourbon
Les députés sont aux champs. Pouriant, le Palais-Bourbon est loin d'être désert.
Tous les jours, des groupes d'étrangers et de provinciaux viennent, en effet, le visiter. On vient là comme à une attraction, en allant à l'Exposition des arts décoratifs ou en en revenant. A la vérité, on s'arrête peu, sauf à la bibliothèque, qui, par sa décoration et son confortable aménagement, mérite une halte, et à la salle des séances. Là, les distractions abondent. D'abord, « les grandes personnes » ne quittent pas la salle sans s'être assises au banc des ministres. S'il y a un loustic dans la bande, il ne manque pas de monter à la tribune pour interpeller un de ses compagnons qu'il rend responsable du prix élevé des pommes de terre... Quant aux enfants, ils refusent formellement de s'en aller avant d'avoir agité la sonnette présidentielle. Un sujet d'étonnement est, d'autre part, le nombre des pupitres qui sont tailladés comme dans une classe d'école; on voit des dessins, des gravures, des initiales et même des inscriptions complètes, parfois plaisantes, parfois curieuses. Le nom de M. Herriot est ainsi gravé en grosses capitales sur son pupitre de député. Quelque jour, des menuisiers viendront et referont à neuf l'installation. Mais ce ne sera pas cette année.
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