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Excelsior - 26 juillet 1925

Le ministre des Finances parlait récemment des bons Français obligés de « faire pénitence », à cause des changements de la vie nouvelle, qui a Excelsior 1925 07 26 les vacances mutualisées à la loterie réduit les ressources des petits rentiers et des intellectuels. Evidemment, beaucoup de ces braves gens à ressources restreintes, avec les rentes diminuées, ne peuvent plus se donner les aises et les agréments d'il y a dix ans. Avant la guerre, cette fin de juillet était le moment où l'on partait à la mer ou à la campagne. On allait en famille passer un mois tranquille dans quelque « petit trou pas cher ». Aujourd'hui, les petits trous existent toujours, mais ils sont hors de prix, et les maîtres d'hôtel ou les loueurs de ces stations, autrefois accueillants, ont pris les manières et surtout les tarifs des grandes centres, et l'un d'eux enseignait la philosophie et la résignation à ses hôtes de passage; il répondait à un brave petit rentier qui, par l'habitude, s'était égaré là, comme autrefois, et se plaignait de la note trop élevée : — Monsieur, quand on n'a pas beaucoup d'argent, on ne va pas aux eaux. On reste chez soi.
Ceux qui font encore le sacrifice assez lourd pour renouveler l'air de leurs enfants doivent, bien entendu, renoncer aux distractions d'autrefois : le casino leur est interdit, et, quand aux jolies excursions, il ne saurait en être question. Après cela, me direz-vous, on peut fort bien vivre sans aller à la mer ou à la montagne. Evidemment, mais enfin c'étaient des habitudes hygiéniques auxquelles il faut renoncer.
Ces privations ont donné naissance à un curieux système d'assistance mutuelle, si on peut dire. Dix, vingt, trente personnes, ou davantage, se réunissent et, toutes les semaines, pendant un an, versent chacune une somme qui varie suivant les ressources des cotisants. On met cet argent de côté et, au moment des vacances, on tire au sort pour savoir qui profitera de la somme entière ainsi réunie. C'est une loterie? Il ne faut point l'ébruiter, car les loteries sont interdites, et le fisc serait bien capable de s'en mêler et de venir réclamer sa part, sa large part.

JEAN-BERNARD

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