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Théodore Botrel et Guignol
Le barde Breton, Théodore Botrel, vient de mourir à Pont-Aven, emporté par une congestion pulmonaire. Ses chansons sont dans toutes les mémoires et durant la guerre, on s'en souvient, il avait été chanter sur le front. Théodore Botrel connaissait Belleville. Il est venu plus d'une fois entonner ses belles chansons au «Guignol de son ami Gaston Cony pour lequel il avait une grande affection. Et voici les couplets qu'il avait composés pour une revue de Guignol sur l'air de sa fameuse Paimpolaise :
I J'ai quitté mes genèts, ma lande Et mon clocher de fin granit, Pour obéir à la demande De mon ami Gaston Cony, Mais mon coeur, hélas !... Soupire tout bas. Car déjà ne vous en déplaise Je m'ennuie aux Buttes-Chaumont, C'est si loin de la Paimpolaise Qui m'espère au pays breton! II Votre Paris est magnifique Ça... j'en conviens de tout mon cœur. C'est si beau que c'en est magique Et c'est si grand que j'en ai peur... Et je dis tout bas Presque à chaque pas : Tout de même, on est mieux à l'aise Dans notre humble et calme maison, A côté de la Paimpolaise Qui m'espère au pays breton !... III Vos parisiennes sont jolies, Mais il leur faut de beaux atours. Pour les parer, que de folies Doit-on commettre tous les jours! Et leurs falbalas Ne m'affolent pas. Car vraiment ne leur en déplaise En coiffe blanche et noir jupon, J'aime encor mieux la Paimpolaise Qui m'espère au pays breton!... IV Aussi, n'ayant que touché barre, Vais-je déjà larguer Guignol Et mettre le cap sur la gare Pour rallier mon vieux Paimpol. Venez, petits gars, Nous voir tous là-bas... J'y pourrai, le cœur plus à l'aise, Vous finir cette humble chanson A côté de la Paimpolaise Qui m'espère au pays breton !...
Théodore BOTREL. (Avril 1921)
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