La grève des "boulistes" continue Mais l'Administration s'adresse à leurs parents
Les facteurs télégraphistes ont encore tenu hier un meeting où ils ont affirmé leur volonté de continuer leur mouvement de grève jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'à l'obtention de 500 francs. Les grévistes ne semblent pas avoir augmenté en nombre, bien qu'un certain nombre d'auxiliaires des bureaux de banlieue aient suivi leur exemple mais cet apport ne fait que compenser les rentrées : quelques-uns des plus fougueux grévistes ont été en effet ramenés à leur receveur par leur famille.
Le communiqué quotidien du sous-secrétariat des P.T.T. affirme que le mouvement n'existe pas en province, où l'on n'a constaté aucune défection. L'Administration a fait notifier aux parents des intéressés une mise en demeure pour ceux-ci d'avoir à rependre leur service lundi matin.
Une promesse de solution Une délégation de la Fédération postale confédérée a été reçue par le ministre des Finances. M. Richier, secrétaire de la section syndicale du Central télégraphique accompagnait la délégation. Celle-ci a vivement insisté en faveur de l'allocation de 500 francs pour aider les jeunes facteurs et les apprentis Le ministre a promis de rechercher une solution équitable et de prend rapidement une décision. La Fédération postale confédérée a chargé M. Richier d'informer les intéressés des résultats de l'entretien.
Le mouvement ne s'étend pas en dehors des P. T.T. La Fédération unitaire des services publics s'efforce d'étendre le mouvement, des postiers boulistes aux auxiliaires des différents services de l’État et notamment à ceux des pensions. Une délégation des auxiliaires de l'État adhérents à la C.G.T. a été reçue, hier soir, au ministère des pensions. Elle a été assurée qu'aucune décision définitive n'a encore été prise par le Conseil d’État au sujet de l'application de l'article 18 concernant la titularisation des auxiliaires victimes de la guerre.
Les bruits d'après lesquels le Conseil d’État se serait montré hostile à cette application sont donc dénués de tout fondement.
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