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NI LONDRES NI PARIS N'ONT REÇU JUSQU'ICI D'INVITATION AMÉRICAINE POUR UNE CONFÉRENCE DE DÉSARMEMENT
Le président Coolidge a déclaré aux correspondants des journaux américains qu'il étudiait de très près la possibilité de réunir prochainement, à Washington sans doute, une conférence sur le désarmement qui envisagerait non seulement une nouvelle réduction des armements navals, mais aussi une réduction des armements de terre. M. Kellogg, secrétaire d’État américain du département des Affaires étrangères, mettrait en ce moment au point le texte de la note destinée aux puissances. Le gouvernement français a été averti de ces intentions par M. Daeschner, notre ambassadeur à la Maison Blanche. Mais nulle invitation n'est parvenue en Europe, ni à Londres, ni à Paris. Au Foreign Office comme au Quai d'Orsay on estime que le gouvernement américain ne rendra son projet officiel qu'après s'être assuré l'adbésion des grands États, dont la présence est nécessaire autour du tapis vert. Or nulle démarche préparatoire n'a été effectuée jusqu'ici. D'ailleurs, une telle initiative pourrait se heurter, en ce moment, à des objections, du côté français comme du côté britannique. Si les commentaires de la presse londonienne sont en général favorables, certains journaux font observer justement que le Japon pourrait s'élonner de se voir demander une nouvelle réduction de sa flotte au moment où l'Empire britannique aménage à Singapour une formidable base navale, à laquelle il tient beaucoup et au moment où une vive campagne est menée aux États-Unis pour l'accroissement de la flotte et du service de l'Air américain. De son côté, la France est liée aux projets actuellement soumis à la Société des nations. Elle ne considère pas que le protocole de Genève soit enterré, elle croit fermement à la possibilité de le faire revivre. Le chef de son gouvernement persiste à estimer que le protocole, «règlement d'administration publique du Covenant», reste la meilleure de toutes les solutions proposées jusqu'ici au problème de la sécurité. En outre, M. Herriot reste absolument attaché au triptyque qu'il a établi à Genève il y a six mois: sécurité, arbitrage, désarmement. La France ne peut aller plus loin dans la voie du désarmement que si on lui offre des sécurité équivalentes à ses nouveaux sacrifices. A Washington, où l'on parlerait désarmement, parlerait-on aussi garanties? Jusqu'à nouvel ordre donc, pense-t-on au Quai d'Orsay et en tout cas jusqu'au prochain mois de septembre. il ne semble pas que les négociations déjà entamées puissent se déplacer. J. J.
Pour la seconde fois, le Sénat américain repousse la nomination de M. Warren
Washington, 16 mars (dép. Havas.) Le Sénat a de nouveau refusé d'approuver, cette fois, par 46 voix contre 39, la nomination, proposée par le président Coolidge, de M. Warren aux fonctions d'attorney général. Le Sénat s'est ajourné à demain, afin, suivant la parole d'un sénateur, de permettre au président Coolidge de proposer un autre attorney général. Le sénateur a ajouté que ses collègues et lui étaient prêts à rester en session dans ce but, aussi longtemps que le président pourrait le désirer.

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