Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


La Presse - 22 mars 1925


Berlin, 21 mars. Au cours d'une conférence politique sur le thème : « Qui doit gouverner la nation allemande ?», le leader socialiste Breitscheid a déclaré, hier, à Nuremberg, que le candidat du bloc de droite, Jarres, avait définitivement préconisé l'abandon de la Ruhr et que ses déclarations à ce sujet dans le rayon électoral de Berlin étaient tout à fait fameuses. «Je regrette beaucoup, dit M. Breitscheld, d'être obligé de rafraîchir la mémoire de M. Jarres, mais qu'il me permette au moins de lui poser quelques questions :
« Dans une séance de la Commission des Affaires étrangères du Reichstag, à la fin de 1923, n'a-t-il pas fait la déclaration suivante «Que voulez-vous? Nous devons abandonner le bassin de la Ruhr pour le reprendre par les armes dans 10 ou 20 ans. »
D'autre part, le Service parlementaire social-démocrate publie une lettre de M. Jarres, datée de septembre 1923, pendant le cours de la résistance passive dans la Ruhr, et dans laquelle le premier bourgmestre de Duisbourg invitant le gouvernement de Berlin à adresser un ultimatum à la France pour la sommer d'évacuer le bassin de la Ruhr et les régions occupées à titre de sanctions, sous la menace de déclarer comme nul et non avenu le traité de Versailles.
« La France, ajoutait le Dr Jarres, nous répondra évidemment, par une déclaration de guerre. Mais cette déclaration, vu l'état du désarmement allemand, sera toute platonique et la France se bornera à occuper d'autres territoires allemands. Cette menace aggravera le conflit européen, sans lequel la libération des pays rhénans est tout à fait inconcevable. Il faut que ce conflit conduise à la guerre de revanche: car il est la seule solution logique qui se dégage de la politique actuelle. »

***

Londres, 21 mars. Le rédacteur diplomatique du Daily Telegraph écrit:

« On admettait, hier, dans les milieux britanniques, que le dessein de M. Bénès de diviser l'Europe en deux groupes de nations, occidentales et orientales, liés l'un à l'autre par un pacte de sécurité mutuelle, pouvait également aider à trouver une solution.
Comprendre dans le pacte oriental proposé les États successeurs de la vieille monarchie austro-hongroise, jusqu'à présent en conflit, serait certainement en accord avec les conclusions de la déclarstion britannique de politique faite à Genève. Mais le pacte pourrait aisément devenir si général qu'il serait difficile de le manier et peu pratique et, s'il était renforcé d'une mission économique, il mènerait fatalement au danger d'une réunion austro-allemande et à la création d'une fédération danubienne à laquelle l'Italie ne consentirait pas. »

La Presse 1925 03 22 l'esprit de revanche de lAllemagne 1
Rudolf Breitscheid


Retour 22 mars 1925