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LES ARTS Quelques artistes
La galerie Reitlinger expose actuellement toute une série de toiles du regretté Lucien Griveau, lesquelles sont destinées à être vendues à l'Hôtel des ventes à la fin de ce mois. Elles attestent l'âme d'un paysagiste de bonne classe. Lucien Griveau, qui professait un goût particulier pour Corot et Chardin, a laissé une œuvre sensible et pas assez connue. Henri Montassier (galerie Sict-Decauville) est un coloriste de talent. Ses dons de peintre servis par un métier habile, lui méritent largement notre estime. Henri Montassier compose avec adresse et ses portraits autant que ses paysages sont d'une harmonie savoureuse. Mlle Marie-Louise Lefèvre (même galerie) expose des aspects d'Antibes et de Senlis, non démunis de grâce. Mlle Lefèvre peint largement. Ses natures mortes (trop rares dans cette exposition) valent surtout par leur galbe et leur luminosité. A la même galerie encore expose Marcel Labaurie qui nous entraîne à sa suite au Maroc. Le dessin est rude, ample, très soutenu et la couleur, que ce soit dans les peintures, les gouaches ou pastels, rend la limpide évocation des terres d'Afrique.
Il y aura un musée Jean-Jacques Henner. Il est un don à l'Etat de la nièce du peintre alsacien, Mme Vve Jules Henner. Ce musée (avenue de Villiers) contiendra plus de trois cents toiles du maîtres et environ douze cents dessins. Ce legs comprend en outre les fonds nécessaires à l'entretien du musée.
Prenez garde aux angles. C'est un groupe, presque une école, et qui publie un manifeste celui des angulo-curvistes. Il y est parlé de «la forme de la surface à peindre et de l'orchestration de la peinture». «Les peintures, assure le manifeste demeurent immuablement limitées à ces quatre formes: le carré, la circonférence, le rectangle et l'ovale». Cependant qu'il est expliqué dans la suite que «la forme anguleuse traduit un sentiment de brutalité» et que «la forme courbe au contraire symbolise la grâce.» Le peintre J.-M. Paul nous envoie cette profession de foi sur un prospectus découpé sur neuf angles. Diable Voilà de quoi nous mettre en garde.…
La vente Descamps-Scrive. --La première vacation de la vente Descamps-Scrive a eu lieu hier. Les enchères ont atteint des prix très élevés et les records ont été battus. Le Monument du costume, avec eaux-fortes de Moreau et Freudeberg, a été adjugé à 432.000 francs. L'édition princeps des « Liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos (1796) a fait 24.500 francs. L'ensemble de cette première vacation est de 1.678.310 franes.
La boîte à pouce -Exposition Jules Couez (galerie Carmine, 51, rue de Seine), jusqu'au 31 mars. -Solange Christaufour, jusqu'au 27 mars (Bureau d'art, 23, rue Matignon). -Du groupe Baignères, Clairin, Desvallières, Despiai, Dethomas, Dufrenoy, Flandrin, Guérin, Marque, Marval, de Waroquier, Th. Robert (galerie Druét), jusqu'au 3 avril. -Germaine Labaye, jusqu'au 31 mars (galerie L'Etoile, 17, avenue Friedland). -Des eaux-fortes de A. Fléau (galerie Guiot, 4, rue Volney), jusqu'au 4 avril. -D'Yvan Thièle (galerie Marsan, 6, rue des Pyramides), jusqu'au 4 avril. -L'affiche annonçant le bal de l'A.A.A.A. a été dessinée par Utrillo. -Le comité de la Société des Artistes décorateurs vient de procéder au renouvellement de son bureau pour 1925. Ont été nommés: président. M. Maurice Bokanowski; vice-présidents: MM. Maurice Dufrène, Charles Hairon, Henri Rapin; trésorier: M. René Kieffer secrétaires MM. Raymond Subes, Raoul Lachenal.
La boîte à musique -Cet après-midi, 22 mars, l'on pourra entendre, chez Lamoureux, les Evocations d'Albert Roussel; chez Colonne, la Pastorale d'été, dé Honegger, ainsi que Pour une fête de printemps, de Roussel, et, en première audition, un Prélude, de P. Kunc, le chef d'orchestre de Toulouse; chez Pasdeloup, sous la direction d'Ernest Ansermet, un Concerto brandebourgeois, de Bach, une Symphonie rarement jouée, de Mozart, et le Sacre du printemps, de Strawinsky. --Strawinsky corrige les épreuves de sa Sonate pour piano. Du même auteur vient d'être éditée la partition de Mavra, cet opéra-bouffe qui souleva tant d'opinions contradictoires en 1922. -Dans le Ménestrel du 20 mars, un article sur la Musicalité dans la rythmique de Jaques-Dalcroze, où M. Charles Koechlin montre le point de départ et le but avant tout musicaux de cette méthode.
LES PARALLÈLES.

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