Ainsi qu'il fallait s'y attendre, le « chahut » a recommencé aujourd'hui au quartier Latin. Les étudiants n'ont pas voulu que le professeur Georges Scelle fasse son cours. Le cours n'a pas eu lieu. Mais voici les divers incidents de la journée :
La Matinée Malgré l'avis du ministre et l'appel au calme du doyen, les étudiants se montrent décidés à interrompre le nouveau professeur. On apprend, pourtant, que le groupe des Étudiants «antifascistes» se propose d'organiser, à 14 heures 30, rue Soufflot, une contre-manifestation en faveur de M. Scelle. Un des membres de l'Association nous a déclaré ce matin : M. Georges Scelle s'est affirmé d'un sectarisme redoutable et nous entendons lui interdire l'entrée de notre Faculté. Nous y réussirons. Déjà, un service de police rigoureux interdit l'entrée de l’École de Droit à tous ceux qui ne présentent pas une carte d'étudiant de troisième année régulièrement timbrée. Dès onze heures, ce matin, les étudiants s'étaient introduits dans tous les amphithéâtres de la Faculté. Ils avaient pris la précaution d'apporter des vivres dans leurs serviettes ou dans leurs poches.. On ne sait pas ce qui peut arriver. Il faudrait peut-être subir un siège en règle !... L'amphithéâtre 4 où M. Scelle doit faire son cours est bondé. Un meeting est organisé. M. Barthélemy, doyen de la Faculté, cherche en vain à ramener le calme dans les esprits. On refuse de l'écouter.
L'Après-Midi A deux heures, le professeur Scelle ne se montre pas. Les étudiants manifestent bruyamment leur joie et le tapage commence dans l’amphithéâtre: sifflets et huées. Rue Soufflot, toute la partie voisine de la Faculté est barrée par des cordons d'agents; de la rue, Toullier à la place du Panthéon, on ne passe pas ! Pressés contre les barrages d'agents, quelques centaines d'étudiants poussent les cris de « Conspuez Herriot » et ne s'arrêtent de crier que pour se servir de leurs sifflets à roulettes. Vers trois heures, une bagarre se produit sur la place du Panthéon entre étudiants royalistes et communistes. Des horions sont échangés. La police intervient et, sans partialité, conduit au poste les plus enragés les batailleurs de droite et de gauche.
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