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LE CUMUL DES FONCTIONS ÉLECTIVES
Il fut un temps, pas tellement éloigné qu'on ne puisse s'en souvenir, où les partis d'avant- garde s'inscrivaient contre le cumul des fonctions électives.
C'était à une époque ou le parti Socialiste, qui n'était pas encore S. F. I. O., n'était pas devenu un parti d'appétits, tout comme les fameux opportunistes d'antan, tant décriés... Et pourtant, pendant les premières années de la jeune République, les fonctions publiques constituaient davantage un honneur qu'un profit. Elles étaient gratuites. Ce n'est plus le cas aujourd'hui où le plus vulgaire conseiller d'arrondissement émarge plus ou moins légalement, au budget public. Et puis, il y avait parfois une excuse : la pénurie de candidature, ce qui actuellement n'existe plus, la plupart des militants des sections S. F. I. O. étant de la graine qui croit pouvoir produire des élus... Pourquoi donc maintenant les socialistes tolèrent-ils le cumul ? Faut-il que nous rappelions que le sénateur Flaissières lui-même fut débarqué par le citoyen Taddei qui désirait troquer son modeste mandat de conseiller d'arrondissement du quartier d'Endoume contre celui plus reluisant et plus avantageux de conseiller général du même canton ? Nous avons vécu ces heures, aux côtés du citoyen Flaissières et nul ne pourra nous démentir lorsque nous affirmerons qu'au café du 4-Septembre, à la place du même nom, les amis du citoyen Taddei, ses porte-paroles, dirent au sénateur conseiller général sortant:
Vous êtes maintenant sénateur, il n'y a aucune raison que vous conserviez le mandat de conseiller général, nous n'admettons pas le cumul... Et le citoyen Flaissières, beau joueur, sentant d'ailleurs la partie perdue, accepta de ne pas se représenter. C'est là de l'histoire. Que les temps sont changés ! Aujourd'hui, des adjoints dont la valeur n'est certainement pas supérieure à celle de leur prédécesseur, cumulent mandats sur mandats et se font des rentes sur le dos des contribuables; car tous n'ont pas la probité politique du citoyen Tasso qui, depuis qu'il est élu député, n'a plus encaissé les indemnités afférentes à ses autres fonctions.
Nous ne connaissons pas encore officiellement la composition des listes municipales, mais si nous avions un conseil à donner, un avis à émettre, ce serait de rayer aussi bien à droite qu'à gauche, tous les politiciens cumulards qui, s'ils veulent la prospérité du pays, se préoccupent surtout de s'assurer la leur. AU PALAIS DE JUSTICE
M. François Brun, l'éminent et distingué vice-président du Tribunal Civil de Marseille, a été promu à la présidence, en remplacement de M. Rabaud, nommé premier président à la Cour d'Appel de Riom. Nos plus sympathiques félicitations. ELECTIONS MUNICIPALES
A gauche, l'accord complet est fait. Il n'y aura pas de dissidence. Tout au plus si les communistes éprouvent le désir de se compter sur une liste, qui n'empêchera pas l'élection au premier tour du citoyen Flaissières et des candidats qui forment sa suite.
Il n'y aura pas de ballottage. Tout au plus télescopage. Comme nous l'avons indiqué, le cartel est formé par les Fédérations. S. F. I. O., Radicale et Radicale-Socialiste, Socialistes Indépendants, Républicains Socialistes et Parti Socialiste Français. Les conseillers municipaux sortants, n'appartenant à aucune Fédération, constituent ce que le citoyen Resch appelle le groupe des sauvages». ils figureront pour la plupart si ce n'est tous parmi les candidats dont l'admission ne fait pas de doute. Il y aura également deux représentants ouvriers choisis parmi les dirigeants de la Bourse du Travail, les citoyens Gras et Pasquini, dit-on, qui seraient désignés par le Cartel et non par la Bourse du Travail, qui se tient sur son terrain purement économique et ne veut pas faire de la politique par l'indication de représentants officiels dans une liste municipale. A droite, l'entente n'est point aussi étroite. Le Parti dit Démocratique et Social n'aurait pas la part sur laquelle il comptait. Il avait envisagé douze représentants, un par canton. Dans la réunion préparatoire du Grand Cer-cle, il ne lui en a été attribué que sept. Et ce ne sont pas les comités de canton qui les désigneront, mais le comité directeur, qui se réserve de choisir parmi ses amis. En réalité, c'est le Grand Cercle qui fait la liste. De ce côté-là, non plus, on ne prévoit pas de liste dissidente. On parlait bien d'une liste catholique, mais l'Evêché aura des apaisements suffisants pour patronner la liste Eugène Pierre. Bien entendu un certain nombre de ses candidats seront admis. Les catholiques avaient la prétention d'obtenir la moitié des sièges, sièges bien problématiques !!!- on a trouvé ce chiffre exagéré, et finalement on s'est entendu à dix, avec prière de ne pas sortir des personnes trop connues par leurs attaches cléricales, ce qui pourrait faire loucher les républicains modérés. |
| Retour - 05 avril 1925 |







































































