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L'Éclaireur du dimanche - 19 04 1925


Contre les Voleurs
Voici la protection automatique
Il y a tellement de gens mal intentionnés qui guettent le bien de leur prochain, surtout quand ce bien consiste en titres au porteur ou en bijoux, que les intéressés doivent chercher à se protéger par les moyens subtils que la science ou, tout au moins, l'ingéniosité met à leur portée.
Il en est quelques-uns de curieux, qui valent d'être signalés..
Le plus important consiste dans une disposition nouvelle, assez coûteuse mais assez pratique, des grandes glaces qui constituent la devanture des bijoutiers, épaisses sans doute, mais à la merci d'un coup de canne un peu énergique.
L'électricité, désormais, pourra venir à la rescousse, grâce à un dispositif spécial obtenu, explique la « Revue de la Confection », en réalisant le montage de la glace, qui ferme, à sa partie antérieure, la devanture ou la vitrine, dans laquelle sont exposés ces objets, de telle manière qu'à la moindre tentative d'effraction, la poussée inévitable que le cambrioleur exerce sur cette glace, en essayant de la briser ou de la couper, suffise à établir un contact électrique.
Celui-ci provoquant l'action d'un relais et de ressorts spiraux déclenchés par lui, fait basculer autour de leur axe longitudinal d'articulation un certain nombre de tablettes blindées, lesquelles, en passant ainsi de la position horizontale à la position verticale d'une part, laissent glisser instantanément les bijoux (par exemple) qu'elles supportent dans des sacs ou récipients aménagés pour les recevoir; d'autre part, se transforment par juxtaposition momentanée en un rideau métallique protecteur interposé entre l'extérieur et l'intérieur du magasin ou de la vitrine.
Ces glaces électriques commencent à être installées dans les magasins des boulevards.
Il y a aussi de pittoresques dispositifs de protection du point sensible des tiroirs-caisse et des coffre-forts.
L'un, particulièrement ingénieux, grâce à un système de déclics, mis en mouvement au moindre frôlement de la serrure que revêt un imperceptible capuchon de sûreté, prend un cliché photographique, à la faveur d'une brusque étincelle simultanée. L'indiscret, déjà surpris de cette lumière inattendue, ne se doute pas qu'un appareil minuscule, enchâssé dans la paroi du coffre-fort, a pris son portrait, preuve indéniable. C'est en effet, toujours le visage qui s'approche du point à forcer.
Un autre système discret éjecte un liquide vert indélébile qui, en tachant les mains du cambrioleur, l'accuse indiscutablement.
Un autre encore, sitôt qu'on chatouille un peu vivement la serrure, répand un gaz méphitique, qui ne cause pas la mort du pêcheur, mais l'engourdit un bon moment, le temps aux secours de venir.
Il existe même des serrures détonantes, comportant de petits revolvers automatiques mitraillant la main indiscrète. On a raison de se défendre par tous les moyens.
Sans aller chercher si loin, ne peut-on, dans tous les bureaux où de l'argent se trouve enfermé, prendre certaines mesures faciles ?
Puisque, dit la « France Postale », il s'agit de la sécurité de nos bureaux et que l'administration dit ne pas avoir d'argent pour nous relier électriquement à la gendarmerie ou au poste de police, ce qui serait très coûteux dans certains endroits, pourquoi chaque recette serait-elle pas dotée d'une cloche, comme une cloche d'école, par exemple ? Elle serait placée sur le toit de l'immeuble et le câble arriverait à la tête du lit du receveur. En cas de tentative de cambriolage, on donnerait l'alarme : la cloche serait entendue à plus de 300 mètres. L'achat et l'installation de la cloche seraient d'un prix minime: 100 francs environ par poste ».
N'hésitons pas à prendre les dispositions nécessaires.
C'est trop absurde, vraiment, d'être à la merci des cambrioleurs.
HENRY DE FORGE.
LÉclaireur du dimanche 1925 04 19 Contre les voleurs, voici des moyens de défense


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