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Pour la Première Fois…
La Première Mouche
On ne pense qu'à Louis XV, quand on parle des mouches féminines, si à la mode jadis; or elle remonte à l'époque des Croisades et fut imaginée par les Perses et les Arabes. Ce n'est que sous Louis XIII que la mouche fit son apparition et alors était-elle joliment compliquée. C'était presque du tatouage, mais éphémère, facile à enlever. La première mouche célèbre, si je puis dire, fut celle de la duchesse de Newcastle, qui parut en public avec une mouche sur le front, représentant une diligence et quatre chevaux!! En réalité, elle ne fut très à la mode qu'au XVIII siècle. On la portait en forme de croissant, de lune, de cœur. Il y avait la coquette, la friponne, la précieuse, auprès des lèvres, la majestueuse sur le front, l'assassine au coin de l’œil, l'enjouée dans le pli du rire. La marquise Decazes en porta une de velours entourée de diamants. La petite mouche simple est charmante; mieux vaut cependant les laisser placer par la nature.
Premiers Gants Chez les Romains, pas de gants, ni de luxe, ni ordinaires. En somme, les gants ne furent connus des Germains et des Gaulois qu'au VI siècle. On les appelait alors wants ou maffula, c'est-à-dire moufles. Les moufles de cuir ou de laine étaient sans séparation de doigts, sauf le pouce, mais l'usage de gants à séparation pour chaque doigt s'imposa vite. Il fut général au XII° siècle. Sous François Ier, Henri IV, Louis XIII, l'usage des gants est constant. Ce fut le Directoire, époque pendant laquelle les femmes portèrent le bras nu, qui mit à la mode l'usage des gants longs, recouvrant le bras complètement; ils étaient sans boutons, blanc, paille ou vert passé. De nos jours, les gants sont les accessoires indispensables de la toilette. Il y en a de tous les genres; Grenoble est le centre de la fabrication des gants. Leur prix a augmenté d'une façon considérable; adieu les gants de fil, le filoselle et les simili peaux n'ont plus d'amateurs. La moindre ouvrière a sa paire de gants en peau comme ses bas de soie, et cependant pour un baiser, rien ne vaut le grain d'une peau féminine, douce aux lèvres des amoureux.
L. MAINARD.
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