| La Presse - 22 février 1925 |
Si Georges Hugo n'avait pas été le petit-fils de l'illustre poète, personne ne lui eût contesté son talent de peintre et même de littérateur.Mais c'est une terrible disgrâce de s'appeler Hugo. L'art d'être petit-fils est aussi difficile que l'art d'être grand-père. Cette glorieuse disgrâce, Georges Hugo la sentait très vivement. Il usait sa vie plutôt qu'il ne la vivait. Il s'étourdissait. L'an dernier, raconte «Aux Ecoutes», Georges Hugo eut la fantaisie d'assister au bal des Quatre Z'Arts, déguisé en hoplite. Coiffé d'un casque de carton, il se présenta à la porte de la salle, mais la tristesse et la vieillesse de ses traits le dénoncèrent. Qu'est-ce que c'est que ce vieux rapin? crièrent à sa vue les jeunes gens préposés au contrôle, et, avec la cruauté de leur âge, ils accablèrent leur aîné de brocards et de sarcasmes : «Tu es trop vieux, mon vieux, pour venir faire le fou avec nous!» Cette déconvenue blessa beaucoup l'artiste mélancolique. Il rentra chez lui très affaissé. |
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Si Georges Hugo n'avait pas été le petit-fils de l'illustre poète, personne ne lui eût contesté son talent de peintre et même de littérateur.