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Le Petit Journal illustré - 22 février 1925


Le Petit journal illustré 1925 02 22 Page 01 1

La catastrophe de Béziers

Avenue de Belfort, à Béziers, existent de vastes bâtiments qui avaient été construits autrefois pour servir de casernes. Ils étaient occupés jusqu'à ces jours-ci par diverses entreprises privées, une fabrique de voitures d'enfants, un hôtel, des écuries, le bureau de l'Association des marchands de bestiaux.

Le 8 février dernier, à trois heures du matin, le feu prit tout à coup dans la fabrique de voitures, au troisième étage de l'immeuble. L'alerte fut donnée aussitôt, mais, malgré la rapidité des secours, l'incendie, alimenté par les matières inflammables qui se trouvaient dans la fabrique et activé par le vent, ne tarda pas à consumer les anciennes casernes tout entières.
Si le sinistre s'était arrêté là, on n'aurait eu à déplorer que des dégâts matériels, les chevaux logés dans les écuries ayant été évacués à temps.
Malheureusement, cet incendie devait finir en catastrophe. En effet, tandis que les pompiers achevaient de noyer les décombres, aidés par les agents de ville et les soldats du 81° d'infanterie, les murs de l'immeuble incendié s'écroulèrent tout à coup sur une longueur d'une cinquantaine de mètres.
Une trentaine de personnes furent ensevelies sous la formidable avalanche des moellons. Les autorités militaires s'empressèrent aussitôt d'organiser un service de fouilles et de transporter à l'hôpital les blessés et les morts. On imagine aisément les difficultés de l'entreprise. Elle ne se fit pas sans danger pour les sauveteurs.
Peu à peu, cependant, on parvint à retirer les malheureuses victimes de l'amas des décombres. En comptant celles qui furent tuées sur-le-coup et celles qui décédèrent ensuite de leurs blessures, on eut à déplorer seize morts, soit douze soldats, trois pompiers et un agent de ville..

Non seulement la ville de Béziers fut en deuil, mais une bien légitime émotion gagna la France tout entière. Des récompenses furent décernées aux sauveteurs, des souscriptions ouvertes en faveur des parents des morts et des blessés et la Chambre des députés, dans sa séance du 10 février, rendit à toutes les victimes un solennel hommage.


La catastrophe de Béziers, 100 ans deja. On n'oublie pas l'histoire !Dans la nuit du 8 février 1925, vers 3 heures du matin, se déclare un important incendie au troisième étage de l'immeuble Roumiguier, rue de Lorraine à Béziers, à deux pas du Champ de Mars.Cet immeuble, autrefois caserne d'infanterie, abrite alors un café, des écuries et un atelier des établissements Jean Pidoux, fabricant de meubles et de voitures pour enfants.
Les pompiers biterrois interviennent à la hâte, accompagnés des soldats du 81ème Régiment d'Infanterie basé à la caserne Duguesclin, toute proche du sinistre. Ils sont appuyés par une arroseuse municipale De Dion Bouton. Les pompes de la Compagnie du Midi et des établissements Fouga sont également mises en batterie pour juguler l'incendie qui embrase maintenant la totalité de l'immeuble de trois étages. Le feu, attisé par un fort vent, fut circonscrit après plusieurs heures de lutte. Ne reste de l'immeuble que les murs extérieurs calcinés.
En fin de journée, alors qu'une pompe à bras est toujours en action dans la rue de Lorraine, plusieurs dizaines de mètres de façade fragilisée s'écroulent dans l'étroite rue fauchant une trentaine de militaires, pompiers et civils s'affairant encore. On parvint à dégager des décombres plusieurs blessés mais également les cadavres de neuf militaires, trois pompiers et un agent de police. Parmi les blessés, trois expirèrent à l'hôpital les jours suivants.
Le Petit Journal du 09 février évoque ce drame : « Les fouilles continuent dans les décombres du mur écroulé de l'ancienne caserne Roumiguier. Le préfet, le maire et les autres autorités, ainsi qu'une délégation des anciens combattants se sont rendus dans la salle des délibérations de l'hôpital transformée en chapelle ardente pour saluer les morts. Ils sont allés ensuite visiter les blessés auxquels le préfet a apporté, au nom du gouvernement, des paroles de sympathie et d'encouragement. Le Parquet a ouvert une information, afin d'établir les responsabilités. »
16 personnes périrent, 9 militaires, un agent de police, le conducteur de l'arroseuse municipale. Le corps des pompiers biterrois déplore la mort de quatre d'entre eux : - Sergent Jean Pélissier, 49 ans, - Caporal Paul Bernières, 36 ans, - Sapeur Joseph Fontaynes, 36 ans, - Sapeur Louis Rivals, 28 ans. S'ajoutent à ces morts, plus d'une dizaine de blessés dont trois pompiers.
Cette catastrophe produisit une vive émotion et plongea dans le deuil la cité tranquille de Béziers mais également le département tout entier. Les obsèques des victimes, célébrées par Monseigneur Mignen, évêque de Montpellier, en présence du Maréchal Joffre et du maire de Béziers, Émile Suchon, se déroulèrent le 11 février en la cathédrale Saint-Nazaire au milieu d'une foule considérable. Sur les cercueils des pompiers étaient épinglée la médaille d'or. Les soldats, quant à eux se virent décerner la médaille militaire.
Un siècle plus tard, dans le quartier du Champ de Mars, profondément modernisé, ne semble subsister aucun témoignage de ce drame. Une plaque rendant hommage au sacrifice de ces hommes se trouve à la Mairie de la Ville de Béziers.
On ne disparaît vraiment que si l'on tombe dans l'oubli.
Merci à l'Association SPIS 34 pour le texte de ce triste événement. Retrouvez les photos historiques ici et
 


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