Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


L'Intransigeant - 19 février 1925


 les maisons inutiles de Stains

LA MAISON INUTILE DE STAINS
Faute d'eau, une cité nouvelle est, depuis quatre ans, inhabitée
Il fallait trois semaines pour la rendre habitable!
C'est ahurissant !
Et lamentable.

L'Office départemental des Habitations à bon marché a fait édifier, depuis quatre ans, à Stains, un groupe d'immeubles pour familles nombreuses qui comprend plus de quatre cents appartements pouvant loger, au total, quinze cents familles.
Depuis quatre ans, ces maisons d'apparence coquette, fort bien conçues, aux pièces vastes et aérées, aux larges baies, sont vides.
Précisons. Le rez-de-chaussée de chaque pavillon est habité par la concierge, et le premier étage par deux locataires. Mais les logements et appartements des étages supérieurs n'offrent que des fenêtres sans rideaux et des chambres non meublées.
Pourquoi ?
Parce que l'eau n'arrive pas jusqu'au deuxième étage.
Ainsi, depuis quatre ans, une véritable cité ouvrière et bourgeoise, qui comprend des logements de deux pièces et des appartements plus vastes est mi-désertée parce que la Compagnie des Eaux de la Courneuve qui alimente la région n'a pu trouver les ressources d'eau potable suffisantes pour rendre les locaux habitables.
Et ça va durer encore ?
Le garde champêtre de Stains, auquel je pose la question secoue la tête.

— Non. Au mois d'avril ou mai les travaux de réfection seront effectués. Une équipe de dix hommes et la canalisation avancera vite, en trois semaines…

Il ne faut donc que trois semaines pour rendre la cité habitable, et l'on a attendu quatre ans pour se décider, alors que sur le bord opposé de la route, à cent mètres des maisons neuves, des cabanes en torchis et des masures mi-effondrées abritent tant bien que mal une population grouillante et vivant dans des conditions d'hygiène déplorables.
La conclusion? Nous vous laissons le soin de la tirer...

G. L. F.


Retour 19 février 1925