| L'Œuvre - 22 février 1925 |
Le préjugé de la compétence Il y a des grincheux qui ne sont pas contents. (Vous me direz qu'ils sont dans leur rôle de grincheux.) Ils nous écrivent: — De quoi vous mêlez-vous? Vous parlez aviation! comptabilité agricole! blés et farines! bois et forêts! Est-ce que vous y entendez quelque chose? Laissez donc la parole aux compétences. La compétence, monsieur !… — Les compétences ont la parole. Nous recueillons leurs avis avec gratitude. Ces avis, les enquêtes, telles que nous les concevons et les menons ici, n'ont-elles pas pour fin de les susciter? — Vous les suscitez, mais vous les critiquez. N'êtes-vous pas bien osés ? Quand les compétences ont parlé, n'est-il pas sage de se ranger à leurs conseils, humblement ? — Le diable est que les «compétences», comme vous dites, sont rarement d'accord entre elles. Le marchand de grains, qui est compétent, accuse le cultivateur. Le cultivateur, qui est compétent, dénonce le marchand de grains. Le forestier, qui est compétent, trouve la loi actuelle impuissante à protéger nos futaies et nos taillis. Le propriétaire de bois, qui est compétent, l'estime suffisante et crie à l'attentat si on parle de la renforcer. — Mais... celui qui connaît une question pour s'y intéresser depuis longtemps… — Pour s'y intéresser, ou pour s'y trouver intéressé ? Jean Piot |
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