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Paris-Soir - 22 février 1925


Va-t-on chasser les marchands du Temple

Va-t-on chasser les marchands du Temple?
Une protestation du Syndicat du Carreau

Les marchands du Temple s'agitent. Ils s'agitent non pas parce qu'un prophète vêtu de blanc, à la parole d'or, est venu pour les chasser, mais bien parce qu'une question subtile, grosse de conséquences, vient d'être posée au Préfet de la Seine.
Cette question ne vise rien moins qu'à mettre à la porte du carreau du Temple, dernier vestige animé du vieux Temple d'autrefois, les marchands qui vendent à bon compte les vêtements, la chaussure, la fourrure et jusqu'aux couronnes funéraires.
On voudrait mettre au Carreau du Temple une exposition permanente de l'Artisanat Français.
Ce matin, au milieu de l'agitation amusante et gaie du Carreau, j'ai vu M. Starck et M. Campana, délégués du Syndicat des marchands du Carreau du Temple.

Ces messieurs m'ont exposé leur point de vue et la défense de leurs intérêts. Je dis, de suite, que leurs intérêts ressemblent singulièrement à l'intérêt général de la population parisienne.
Nous sommes ici, m'a dit M. Starck, 1.500 marchands dont le tiers est composé de veuves de guerre et de blessés. Je puis dire, sans être taxé, d'hyperbolisme ou de folle et coupable exagération, que nos prix ne peuvent soutenir aucune comparaison, Tenez, monsieur, voici des par-dessus, bien coupés, en pure laine à 90 francs. Voilà des chaussures solides, bien faites, à 40 francs; des fourrures à des prix sans exemple. Cela vous prouve que si nous avons pu établir ces «étiquettes» à très bon compte, c'est que nous avons des frais généraux très réduits. Qui en profite? Nos acheteurs, les petits employés, les ouvriers, les petits bourgeois qui connaissent bien le Carreau et qui y reviennent parce qu'ils furent satisfaits.
« Vous dirai-je qu'il passe au Carreau, par an, plus d'un million de clients? Vous dirai-je encore que 5 ou 6.000 ouvriers travaillent pour nous ? Si la proposition déposée au Conseil municipal était prise en considération, on léserait, non seulement nos adhérents, tous dignes d'intérêt, mais encore une très large partie de la population. L'intérêt général s'allie à notre intérêt, c'est de toute évidence.

Qu'allez-vous faire pour votre défense ?
-Envoyer une protestation motivée à chaque conseiller municipal. Une autre au Préfet de la Seine. Et pour qu'elle ait plus de poids, nous demandons que la «taxe de place» soit portée à deux francs par marchand venant au Carreau, Ceci rapporterait 800.000 francs par an à la Ville de Paris au lieu des 400.000 actuels. Je doute que l'Exposition permanente de l'Artisanat Français puisse être d'un rapport aussi considérable. L'Artisanat est digne d'intérêt, mais la Ville de Paris possède d'autres emplacements qu'elle peut mettre à la disposition de l'Artisanat sans nous léser, nous et la population de Paris.»
Telle est la thèse soutenue par le Syndicat des Marchands du Carreau du Temple.
Elle est limpide et nette


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