Nouveaux Proverbes (Sur Themes anciens)
Landru pour punir les coquettes, Quand leur amour était trop... froid S'en servait comme des allumettes Et les brûlait sans nul effroi : Rôtie soit qui mal y pense.
Un missionnaire pris, par des anthropophages, Etait trop maigre encor pour être dévoré. De force on le gava. L'apôtre, avec courage, Devant son embonpoint, s'écria, résigné : Rien ne sert de mourir, il faut martyr à point. [nourrir à point.]
Un ministre et quelque... âne, allaient dans certain champ L'un clamant un discours, qu'il devait bientôt faire. L'autre, vexé, sans doute, alors se mit à braire, Et fait un tel chahut que le «premier» fout l'camp: Braira bien qui braira le dernier.
Une «maman-cochon», repose tendrement Quand survient, dans la ferme un méchant garnement Qui tout à coup, hargneux, tandis qu'elle sommeille Lui tire, à les briser, la queue et les oreilles. Ne fais pas aux truies, ce que tu ne voudrais qu'on te fit
Gaston-Maxime GOUTÉ.

PETITES PENSÉES... SAUVAGES!
- La Conscience: Une éponge que les ambitieux et les canailles savent réduire à son plus petit volume.
- La vie est un tonneau que l'on roule devant soi, sans savoir ce qu'il renferme : nectar ou poison."
- Les années sont des pierres précieuses que la Jeunesse éparpille dans sa course, et que la Vieillesse, assagie, recueillie pieusement.
- La presse est un levier gigantesque, mais tant de malhonnêtes gens la détiennent, que ce levier ne soulève... que le dégoût des probes.
- Comme la langue, la femme est à la fois, ce qu'il y a de meilleur et de pire. Elle est capable du plus sublime dévouement, comme de la plus ignominieuse bassesse, selon qu'elle aime ou qu'elle hait.
- O! petite muse des cœurs simples ! O! ma chanson, toi, qui m'as si souvent consolé, pourquoi as-tu participé à la folie générale ?
Pourquoi as-tu glorifié la Guerre ?
- Le chemin de l'adolescence conduit à un carrefour de routes, dont l'une mène à la réussite; il s'agit de la choisir.
- La gêne ou la misère ne sont pas toujours à la honte du travailleur mais à celle du patron qui l'emploie et s'enrichit du labeur d'autrui.
- Le Cœur : Un petit moulin rouge au tic-tac irrégulier et qui commande la fin de la vitale danse.
- Les Yeux: Puits profonds aux eaux changeant de teinte sous les reflets de l'âme.
- Nos Souvenirs: De vieux livres que nous retrouvons et dont la lecture n'a plus l'exquise saveur, où l'excessive âpreté d'antan.
- Nos Remords: Des loups affamés qui nous poursuivent, sans relâche, en nous mordant au cœur.
- Repeupler!... A quoi bon, puisque sur dix découvertes ou inventions, neuf n'ont pour but que la destruction plus rapide du genre humain gaz, engins, explosifs.
- Comme on disait «autrefois» de la littérature... l'honnêteté «aujourd'hui» mène à tout, à la condition d'en sortir…
- A peine le drap a-t-il recouvert le visage froid d'un défunt, que l'oubli, l'indifférence et la méchanceté, sont les premiers prêts à accompagner le cadavre jusqu'au cimetière... et plus loin,
- Oui, j'aime les clowns! parce que leur gaieté amuse les grands et les petits et que lorsqu'on rit on ne pense pas à faire du mal à son prochain.
Ceux dont la conduite privée est l'antithèse des écrits et des poèmes, me répugnent autant que les prêtres qui blâment autrui de faire ce qu'ils font eux-mêmes.
Gaston-Maxime GOUTÉ.
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