| Paris-Soir - 27 septembre 1925 |
Araignées du soir
Matériel de guerre
Les juges du tribunal de Villeneuve-sur-Lot viennent de condamner un ancien combattant, M. Dubas, de Temple-sur-Lot (Lot-et-Garonne), pour détention de matériel de guerre, crime prévu par la loi du 17 juin 1834... M. Dubas détenait du matériel de guerre sur la cheminée de sa salle à manger. La commission de contrôle chargée de surveiller les armements clandestins dans le Lot-et- Garonne a découvert en cet endroit plusieurs culots d'obus, de calibres divers, et un pistolet automatique de l'armée allemande, modèle 1914-1918. Le délit n'était donc pas niable et le condamné doit s'estimer heureux d'en être quitte à si bon compte, d'autant plus que les enquêteurs ont, paraît-il, montré une certaine discrétion dans leurs recherches; avec un peu d'astuce et en recourant à l'examen radioscopique, il leur eût été facile de trouver autre chose encore. Ne murmure-t-on pas, à Temple-sur-Lot, que l'amateur de matériel guerrier pousse la malignité jusqu'à receler dans sa propre chair d'illicites éclats d'obus !
L'ancien combattant allégua, pour sa défense, que ces différents objets sont des reliques, recueillies sur les champs de bataille à titre de souvenirs. Mais on pense bien que ce genre d'excuses ne retint pas un instant l'attention des juges. Des souvenirs !... Est-ce que le tribunal en a, lui !...
Bernard GERVAISE.
| retour 27 septembre 1925 |







































































