
Hors d'Oeuvre
La lampe à huile
Le réseau du P.-O. a entrepris des travaux considérables pour électrifier certaines de ses lignes. Mais, si la vieille Compagnie juge l'électricité bonne pour la traction, elle la juge détestable pour l'éclairage. Et de nombreuses gares sont encore éclairées si l'on peut dire par des lampes à huile : ainsi, à Etampes, dans le couloir où doivent passer les voyageurs sous les voies, il n'y a qu'un pauvre lumignon dont la lueur tremblotante n'éclaire pas à dix pas.
Il n'y a pas de petites économies.
Erreur regrettable
Quand fut connue la mort de M. Eknayan, le riche Arménien qui s'était créé une importante écurie de courses, un journal de sport s'empressa de lui consacrer un article nécrologique et de publier son portrait. Seulement, il se trompa de photographie et, au lieu des traits bien connus du vieil Asiatique, les habitués du turf purent contempler ceux du vicomte d'H..., autre sportsman très populaire sur les champs de courses.
S'apercevant de son erreur, notre confrère rectifia le lendemain, en donnant une explication assez embrouillée. Mais, paraît- il, le vicomte d'H... n'a pas été content.
Un vieux gentilhomme français ne se voit pas volontiers confondre avec un marchand de diamants arménien !
La sinécure à cinq étoiles
Pourquoi, seule de toutes les places de France, Strasbourg est-elle dotée d'un gouverneur militaire investi du commandement supérieur de deux corps d'armée?
C'est, sans doute, qu'à la différence de ce qui se passe en biologie générale, dans la vie militaire l'organe crée la fonction. L'activité, forcément restreinte désormais, du Conseil supérieur de la guerre, ne suffit plus à absorber la quinzaine d'officiers généraux à sept ou cinq étoiles, qui s'y pressent. Il faut des débouchés extérieurs. Or, Strasbourg, qu'une loi seule pouvait ériger en chef-lieu de corps d'armée, était aussi la seule ville qui disposât d'un somptueux palais vacant du commandement militaire. Alors... « ceci explique cela »!
Le fret automobile
Il a son importance, et qui va croissant et embellissant. Pour s'en convaincre, il n'est que de regarder, aux Champs-Elysées, à Deauville ou à Biarritz, le nombre de luxueuses automobiles, qui sont immatriculées des fatidiques initiales « G.B. ». Aussi un tarif spécial a-t-il été sagement prévu par les administrations qui assurent la traversée rapide du « Channel ». C'est huit livres, cette bagatelle, qu'il suffit de verser à Douvres pour faire transborder à Calais sa somptueuse « Rolls-Barker ».
Chose curieuse, notre fisc n'a pas pensé à se ménager là une recette supplémentaire, si facile pourtant à percevoir; aux heureux possesseurs de ces splendides voitures de « quatre cents billets » - et plus!
Il ne demande que l'usuel droit de circulation trimestriel de quatre cent cinquante francs. C'est pour rien...
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Un siècle plus tard à Étampes : |
| Myran Eknayan |
| Retour 20 septembre 1925 |






































































