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CHRYSANTHÈMES
Quand l'automne assombrit le sommeil des tombeaux, Sous l'abri des cyprès, dont les branches gémissent, Les chrysanthèmes flous, sur les tertres, fleurissent Pour verser leur beauté à nos champs de repos. D'un étrange parfum, plus étranges berceaux, Les chrysanthèmes sont la fleur des sacrifices; La vie est pour un jour enclose en leurs calices; Et, d'être fugitifs, ils sont encor plus beaux ! Quoique tout l'arc-en-ciel étale ses richesses Dans leur gamme infinie, ils ont l'aspect lassé De ceux qui vont mourir : tout, en eux, est tristesse. Dès que les premiers froids sur sa tige ont passé, La fleur d'automne égrène, en frissonnant, ses charmes, Et ses pétales las tombent comme des larmes !
JEHAN YPSILON.
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