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Le Provençal de Paris 02 novembre 1924


UNE RÉCOLTE PROVENÇALE
LE CHARDON A FOULON

Malgré la concurrence faite par les machines ou les produits chimiques pour le cardage des draps au Chardon à foulon (Dipsacus fullonum), cette plante industrielle n'est pas encore sur le point de disparaître de nos cultures, parce que si les cardes métalliques conviennent au peignage des draps grossiers, elles ne sauraient remplacer les bractées recourbées en petits crochets du Chardon à foulon pour le cardage des draps fins. Aussi la culture de cette intéressante plante industrielle, loin de décroître, va- t-elle chaque année en se développant dans notre région provençale, notamment dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Bas- ses-Alpes et le Var.
Pour donner entière satisfaction à ceux qui désirent entreprendre la culture du Chardon à foulon, il est nécessaire de la confier à une terre saine, très propre, de consistance moyenne, plutôt légère que compacte, riche en potasse et en acide phosphorique, moyennement en azote, car dans les terrains fortement azotés et dans ceux qui sont frais et humides, les capitules du Chardon sont volumineux et surtout pourvus de bractées molles sans élasticité, par suite de moindre valeur. En outre, dans ces terrains, les plantes sont fréquemment attaquées par le mildiou et l'oïdium qui les pourrissent ou les dessèchent.

Dans la Région provençale. on sème en pépinière les graines, à la volée ou en lignes, en mai et juin, à raison de 10 litres à l'hectare environ. Au cours de l'été, on donne des binages, et on les éclaircit. Aux mois de septembre et octobre, on les transplante, de préférence par temps couvert ou pluvieux, dans un terrain ayant reçu un bon labour et un second suivi d'un hersage, avant la mise en place des plantes. A ce second labour, on enfouit les engrais appropriés.
A la transplantation, les plantes sont placées à 0 m. 40 l'une de l'autre, dans des lignes distantes entre elles de 0 m. 80. Au bout d'un mois, on remplace les pieds qui n'ont pas repris, de façon à ce qu'il n'y ait pas de vides,

Une fois les plantes enracinées, et durant leur végétation, on les bine souvent, on les arrose si l'on a de l'eau, sans exagération cependant, et quand elles ont 0 m. 60 à 0 m. 65 de hauteur (courant mai), on les écime pour arrêter leur allongement et favoriser le développement des branches latérales. On obtient ainsi de nombreuses petites têtes allongées et cylindriques, très recherchées par l'industrie des draps fins. A ce moment-là, on supprime les drageons qui poussent sur les pieds vigoureux et dans les terrains très fertiles, et plus tard les têtes mal faites. D'habitude on laisse 10 à 12 têtes à chaque plante, lesquelles prennent successivement une teinte blanchâtre (juillet-août). C'est le moment alors de les récolter, en plusieurs fois, au fur et à mesure qu'elles sont bonnes à cueillir. On coupe pour cela, les pédoncules avec un ciseau et une serpe, de manière à laisser une queue de 15 à 20 centimètres à chaque tête, suivant la demande, et on fait sécher les capitules sous un hangar bien aéré, sur un drap, afin de recueillir les graines mûres; ils prennent alors une teinte rosée. On les retourne souvent dans la journée avec une fourche, et, au bout de trois où quatre jours, lorsque leur dessiccation est complète, on les trie. Les têtes de belle couleur jaune-blond, sans taches, sont livrées au commerce, et on rejette celles qui sont brunâtre ou recouvertes de terre, de moisissures.
Quand la récolte n'est pas vendue immédiatement, on place les capitules par lits superposés dans des paniers ou des tonneaux, à l'abri de l'humidité et des rats, prêts à être expédiés en cas de commande.

UNE RÉCOLTE PROVENÇALE
LE CHARDON A FOULON

Malgré la concurrence faite par les machines ou les produits chimiques pour le cardage des draps au Chardon à foulon (Dipsacus fullonum), cette plante industrielle n'est pas encore sur le point de disparaître de nos cultures, parce que si les cardes métalliques conviennent au peignage des draps grossiers, elles ne sauraient remplacer les bractées recourbées en petits crochets du Chardon à foulon pour le cardage des draps fins. Aussi la culture de cette intéressante plante industrielle, loin de décroître, va- t-elle chaque année en se développant dans notre région provençale, notamment dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, les Bas- ses-Alpes et le Var.
Pour donner entière satisfaction à ceux qui désirent entreprendre la culture du Chardon à foulon, il est nécessaire de la confier à une terre saine, très propre, de consistance moyenne, plutôt légère que compacte, riche en potasse et en acide phosphorique, moyennement en azote, car dans les terrains fortement azotés et dans ceux qui sont frais et humides, les capitules du Chardon sont volumineux et surtout pourvus de bractées molles sans élasticité, par suite de moindre valeur. En outre, dans ces terrains, les plantes sont fréquemment attaquées par le mildiou et l'oïdium qui les pourrissent ou les dessèchent.

Dans la Région provençale. on sème en pépinière les graines, à la volée ou en lignes, en mai et juin, à raison de 10 litres à l'hectare environ. Au cours de l'été, on donne des binages, et on les éclaircit. Aux mois de septembre et octobre, on les transplante, de préférence par temps couvert ou pluvieux, dans un terrain ayant reçu un bon labour et un second suivi d'un hersage, avant la mise en place des plantes. A ce second labour, on enfouit les engrais appropriés.
A la transplantation, les plantes sont placées à 0 m. 40 l'une de l'autre, dans des lignes distantes entre elles de 0 m. 80. Au bout d'un mois, on remplace les pieds qui n'ont pas repris, de façon à ce qu'il n'y ait pas de vides,

Une fois les plantes enracinées, et durant leur végétation, on les bine souvent, on les arrose si l'on a de l'eau, sans exagération cependant, et quand elles ont 0 m. 60 à 0 m. 65 de hauteur (courant mai), on les écime pour arrêter leur allongement et favoriser le développement des branches latérales. On obtient ainsi de nombreuses petites têtes allongées et cylindriques, très recherchées par l'industrie des draps fins. A ce moment-là, on supprime les drageons qui poussent sur les pieds vigoureux et dans les terrains très fertiles, et plus tard les têtes mal faites. D'habitude on laisse 10 à 12 têtes à chaque plante, lesquelles prennent successivement une teinte blanchâtre (juillet-août). C'est le moment alors de les récolter, en plusieurs fois, au fur et à mesure qu'elles sont bonnes à cueillir. On coupe pour cela, les pédoncules avec un ciseau et une serpe, de manière à laisser une queue de 15 à 20 centimètres à chaque tête, suivant la demande, et on fait sécher les capitules sous un hangar bien aéré, sur un drap, afin de recueillir les graines mûres; ils prennent alors une teinte rosée. On les retourne souvent dans la journée avec une fourche, et, au bout de trois où quatre jours, lorsque leur dessiccation est complète, on les trie. Les têtes de belle couleur jaune-blond, sans taches, sont livrées au commerce, et on rejette celles qui sont brunâtre ou recouvertes de terre, de moisissures.
Quand la récolte n'est pas vendue immédiatement, on place les capitules par lits superposés dans des paniers ou des tonneaux, à l'abri de l'humidité et des rats, prêts à être expédiés en cas de commande.

le chardon à Foulon (dipsacus fullonum)

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