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Le Provençal de Paris 02 novembre 1924


Le petit village de Venelles évoque, dit le Feu, quand on le traverse, l'aimable souvenir d'une de ces jolies histoires du Midi, trop belles pour qu'on les croie vraies et pourtant véritables, que Paul Arène, Roumanille ou Daudet excellèrent à conter.
Comme bien des villages haut perchés sur les cimes, Venelles, depuis des années, avait commencé à essaimer: bon nombre de ses habitants, plus sensibles aux commodités de la plaine qu'à la belle vue sur la vallée de la Durance que leur offrait le rocher ancestral, quittaient l'inconfort de leurs demeures vétustes pour bâtir un nouveau foyer au bord de la grand'route. Le tremblement de terre de 1909 accentua le mouvement au point qu'il fut décidé de rebâtir l'église, fortement lézardée par la secousse sismique, non à sa place ancienne mais au milieu de la nouvelle agglomération.
Jusque là, pour leur commodité, les habitants du hameau, soucieux, à la fois, de ne pas vivre sans religion et de ménager leurs chaussures et leur temps, s'étaient faits protestants en descendant dans la plaine. Quand ils eurent l'église, ils se refirent en masse catholiques.
Mais, par contre, les habitants du village-haut prirent fort mal l'exode du sanctuaire. Voulant faire un éclat, ils appelèrent un rabbin et voulurent se faire juifs. Cet homme sensé leur rit au nez et leur déclara qu'ils étaient de trop mauvais chrétiens pour faire de bons enfants d'Israël. En désespoir de cause, ils recueillirent donc le pasteur resté sans emploi et remplacèrent par le prêche le sermon

L'histoire du petit village de Venelles

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