Nouvelles des ports

aquarelle marine - marine watercolor

Rafiots et compagnies

aquarelle marine cargo au mouillage - marine watercolor cargo ship at anchor

Nouvelles des escales

aquarelle marine - marine watercolor


Excelsior 02 novembre 1924


PELURES D'ORANGES ET PEAUX DE BANANES

En trois jours, trois personnes viennent, dans Paris, de se fracturer la jambe. Cause de l'accident: pelure d'orange ou peau de banane traînant sur le trottoir. Et les chutes provoquées par ces détritus sont innombrables, si toutes n'ont point de suites aussi graves.
Est-il admissible que, dans une ville comme Paris, de tels accidents soient si fréquents et même possibles ? Et ne peut-on rien pour les éviter ?
Nous posons la question à un de nos commissaires de police.
- Il existe, nous dit-il, un arrêté du préfet de police, alors M. Lépine, en date du 29 décembre 1911, interdisant l'abandon sur la voie publique de papiers et détritus de toute sorte, tant ani- maux que végétaux. Malheureusement, s'il fut observé strictement à l'époque, il est bien tombé en désuétude; la guerre lui a porté un coup fatal.
Quelles sanctions comporte-t-il? Contravention, procès-verbal et peines de simple police, soit amende de 1 à 16 francs.
Les peines, prévues sont-elles plus graves pour les débris de végétaux, qui sont dangereux aux passants, que pour les simples morceaux de papier, tout juste inesthétiques ?
Elles sont les mêmes. Mais si seulement on les appliquait!...
En Angleterre, où notre actuel préfet de police va étudier les règles de circulation appliquées à Londres, le jet de détritus sur la voie publique est puni par une amende de une livre sterling.
En Suisse, dans les Pays-Bas, identiques sanctions.
Mais, en Angleterre, non plus qu'en Suisse ou en Hollande, il n'est d'exemple que des amendes soient infligées pour de pareils délits. Ce n'est pas que les règlements n'y sont point appliqués. Simplement, il n'y viendrait à l'idée de personne de se mettre en faute.
Il en va de même aux Etats-Unis. Là, les peines variables selon les villes peuvent aller jusqu'à l'emprisonnement. Au moment où la circulation est devenue si difficile dans notre capitale congestionnée, quand les pouvoirs publies se préoccupent d'améliorer le sort du piéton et de le défendre des dangers de la rue, ne pourraient-ils, par une réglementation sévère, lui éviter cet autre danger: la peau de banane ou la pelure d'orange?
Ils n'en ont pas en Angleterre. Pourquoi en aurions-nous en France ?

F. P.

Pelures d'oranges ou peaux de bananes

Retour - Back 02 novembre 1924