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Le Petit Journal illustré 15 décembre 1924


 Le Petit journal illustré 1924 12 15  maison de Lamartine

ENTRE NOUS

UN fort courant d'opinion demande que la maison familiale de Lamartine, à Milly, devienne propriété nationale et soit ainsi sauvée de toute destruction ou transformation possible. C'est une maison bien simple et qui ne coûtera vraisemblablement pas cher à acquérir. Il est à souhaiter qu'on trouve la somme nécessaire.

Lamartine, poète des âmes délicates, homme politique, grand voyageur, en dépit de tout ce qui l'attirait vers la gloire parisienne, n'en demeura pas moins attaché toute sa vie à sa terre natale. Non seulement il en aimait les paysages pour leur beauté, les vignobles pour les revenus qu'il en retirait, mais aussi les paysans, ses voisins, pour la sympathie franche et rude dont il recevait les marques.
Témoin cette lettre, peu connue, que Lamartine écrivit à un humble cultivateur qui, ayant lu le premier volume de Jocelyn et ne pouvant se procurer le second, s'adressa au poète pour l'obtenir :
« Monsieur, votre lettre m'a vivement touché. Je n'ai jamais reçu de témoignage d'estime qui ait donné plus de prix à mes faibles ouvrages. Nourrir et consoler l'esprit d'une famille pauvre, isolée et honnête; être en communication intime avec les pensées qui s'élèvent de la chaumière; avoir son nom dans les souvenirs et dans les bénédictions de l'homme de bien qui ne vous connaît pas, mais qui vous aime, c'est, selon moi, la véritable gloire et vous m'en avez donné le sentiment.»
Je m'empresse donc de venir vous remercier de ma propre main, pensant que cela vous sera plus agréable que par une main étrangère, et je vous fais adresser par les messageries le volume de Jocelyn; j'y joins mon Voyage en Orient, ouvrage en prose qui intéressera peut-être votre famille dans les soirées d'hiver.»
Continuez à vous délasser de vos travaux de mains par ces lectures, et ne vous affligez pas de votre condition d'ouvrier de campagne; le travail est la loi générale, les nôtres ne sont peut-être pas moins pénibles que les vôtres; l'esprit a ses sueurs comme le corps. Dieu les bénit également et nous donnera un jour le même salaire sans considérer si nous avons fait des poèmes ou des sillons.»
Je vous souhaite une longue vie, une honnête famille et le pain quotidien.» C'est sous l'aspect un peu inédit d'ami des paysans que Lamartine se révèle dans cette lettre. A ce titre, elle méritait d'être rappelée.

ON vient de fêter en Angleterre les quatre-vingts ans de la reine Alexandra, la veuve d'Edouard VII. Cette princesse fut toujours aimée de son peuple à cause de sa simplicité, de sa modestie et de son goût pour l'intimité du «home», personnification de la vertu primordiale de la femme anglaise. Lorsque la reine Alexandra, sous le règne de son mari, était obligée de paraître dans quelque cérémonie officielle, elle n'avait qu'une hâte, s'en échapper. Elle souffrait des moindres détails de l'étiquette, si compliquée, on le sait, chez nos voisins.
C'est ainsi qu'au couronnement d'Edouard VII on appliqua à la lettre les ordonnances royales qui avaient fixé la longueur de la traîne du manteau des princesses. Une baronne porte, en effet, une traîne de deux mètres de long; une vicomtesse a droit à cinquante centimètres de plus, et ainsi de suite en ajoutant un égal supplément à chaque degré de la hiérarchie jusqu'à la duchesse, qui a droit à quatre mètres. Des dispositions analogues régissent le nombre des rangs d'hermine qui garnissent le manteau, depuis la baronne qui a droit à deux rangs d'hermine jusqu'à la duchesse qui en a huit.
Aucune ordonnance n'a fixé la longueur de la traîne que doivent porter les reines. Mais il y a des précédents. Marie Stuart traînait douze mètres de velours derrière elle, et Elisabeth d'Autriche, épousant Charles IX, en traînait vingt mètres. Au sacre de Guillaume IV, la traîne de la reine Adélaïde était si lourde que, par le seul effet de son propre poids, elle déchira le corsage de celle qui la portait et tomba sur le sol au grand scandale des assistants.

L'INDISCRET.


Milly-Lamartine  Alphonse de Lamartine La Maison


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