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Comœdia 15 décembre 1924


  Comoedia 1924 12 15 suppression de la race chevaline 3

ON VIENT DE FONDER UNE SOCIETE... (MUSIQUE)

Quelques courageux citoyens dont il serait prématuré de livrer les noms à la curiosité du public viennent de fonder une Société pour la suppression de la race chevaline.

«Dans la civilisation actuelle, dit le prospectus que ces messieurs ont fait tirer à quelques exemplaires, le cheval n'a plus ni sa place, ni sa raison d'être.
«Dans les villes, il ne sert plus qu'à gêner, à retarder ou a encombrer la circulation. Dans les campagnes, il est avantageusement remplacé par des moteurs.
«Et la dernière guerre a démontré que, dans la bataille moderne, il ne rend plus aucun service appréciable. La moindre bécane est bien plus utile. Soyons bons pour les animaux ! La circulation intense des cités actuelles a fait du cheval un martyr.
Quant aux courses, sous prétexte d'améliorer la race chevaline, elles ne servent qu'à encourager la passion du jeu sous sa forme la plus démocratique, c'est- à-dire la plus dangereuse.

Rappelez-vous le terrible dessin de Forain qui représente un ouvrier rentrant dans son triste logis, les mains vides et la détresse dans les yeux, et jetant à sa femme et à ses enfants transis près du poêle sans feu ces mots d'une si douloureuse naïveté :
«Actéon s'est trompé de parcours!» Nous ne voyons aucun inconvénient à ce que l'on conserve une sélection de chevaux de luxe pour les derniers sportsmen qui tiennent encore à faire de l'équitation. Mais nous ne voulons plus que ce noble et bel animal soit condamné au rôle d'animal domestique.

«Les membres de notre société s'attacheront donc à enrayer par tous les moyens en leur pouvoir la reproduction des chevaux de trait et des chevaux de labour»
Le moyen le plus simple et le plus direct consiste sans doute à acheter autant de chevaux et de juments que le permettront les fonds sociaux disponibles et à les envoyer paître et finir paisiblement leurs jours dans le calme de la campagne.

Nous nous contentons de transmettre cet intéressant document à la Société protectrice des animaux.
Il est suivi, d'ailleurs, d'une sorte de proclamation qui nous a paru quelque peu... tendancieuse.
Les auteurs s'élèvent avec la plus véhémente éloquence contre le Pari mutuel, proposent de rétablir en France la Ferme des jeux au profit de l’État et de réinstaller dans les jardins du Palais-Royal les anciennes baraques dont il est si souvent question dans la comédie humaine.
«L’État y trouverait, affirment-ils, de telles sources de bénéfices que les impôts pourraient être réduits d'un tiers.»
Remplacer l'impôt par le tripot ? Après tout, pourquoi pas ? Curnon ? N'importe ! L'amour des bêtes a d'étranges tenants et aboutissants !

TIMIDE RECTIFICATION
Tous les quotidiens de la semaine dernière ont annoncé le récent mariage de la grande étoile russe de la danse, Anna Pawlova, avec M. André Daride.
Seulement, mon vieux collabo Wladimir Bienstock, qui connaît Anna Pawlova depuis plus de vingt-cinq ans, s'insurge contre cette prétendue information.
«Il y a erreur ou confusion, dit-il. Anna Pawlova est légitimement mariée depuis dix-huit ans ce qui, d'ailleurs ne la vieillit point, car elle n'était alors qu'une très jeune fille tout juste nubile ! avec M. Victor Emilievitch Dandre.
«M. Victor Dandré est un Russe, d'origine française, qui occupa jusqu'à la révolution bolchevique les fonctions de membre du Conseil municipal de Saint-Pétersbourg, Petrograd, Leningrad, etc.
«Depuis que Pawlova est devenue une étoile mondiale, il l'accompagne dans toutes ses tournées, et rien n'autorise à supposer qu'il l'ait épousée pour la seconde fois ! ”

A LA CHAMBRE On ne se lasse pas du comique intense qui se dégage des séances de la Chambre. Je ne parle point des plaisanteries qui font rire nos parlementaires, elles sont le plus souvent d'une platitude ou d'une vulgarité qui confondent l'entendement, mais de ces interruptions et de ces répliques, par quoi se manifeste l'inconsciente bouffonnerie de certains représentants de la nation: L'un d'eux, dont le nom m'échappe, a lancé l'autre jour au président Painlevé cette phrase ahurissante:
«Si j'avais reçu de l'instruction, je serais aussi intelligent que vous !»
L'illustre mathématicien a eu la politesse ou la modestie de ne rien répondre.



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