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Le Petit Parisien - 08 février 1925


 les Adventistes américains et la fin du monde

Comment les "adventistes" américains
ont attendu la fin du monde

Leur chef passa sa dernière soirée à danser, puis ne voyant rien venir, alla se coucher. Certains de ses adeptes voulant choisir leur mort, se tuèrent aux approches de minuit. A Cleveland seul, six jeunes filles se sont tuées
Londres,
7 févr. (dép. P. Parisien.) L'heure du Jugement dernier était attendue, on le sait, la nuit dernière, à 24 heures, de l'autre côté de l'Atlantique, par les adeptes du « Seventh Day Adventits », un nouveau culte religieux américain. L'attente du grand moment a donné lieu à des scènes d'un caractère tantôt comique, tantôt tragique.
Côté comique: Robert Reidt, un des chefs de la secte, qui s'intitule parfois le prophète, s'adonna hier soir, sans appréhension visible, aux charmes d'une musique de danse que lui apportait un récepteur de T. S. F. A 23 h 55, faisant mine de se souvenir que la fin du monde était proche, il sortit de chez lui et, contemplant le ciel, remarqua: «Il ne semble pas vraiment que quelque chose doive se produire cette nuit, rien d'anormal.» Et, ce disant, il alla flegmatiquement se coucher. Il avait pourtant, depuis quelques jours, contraint sa femme et ses enfants à ne se nourrir que de carottes et d'eau claire «pour qu'ils eussent le sang plus pur et fussent prêts à prendre place parmi les élus».
Sur la colline de Patchogue, à Long-Island, autre scène. Il y avait là une foule d'adeptes qui en avaient gravi le sommet comme pour être plus près du ciel quand le moment viendrait d'aller au royaume des anges. Minuit sonna. Il ne se produisit rien. Ils furent désappointés, mais ils se mirent aussitôt à prier plus fort et avec plus de ferveur pour que vienne enfin la destruction de notre planète.
Mais voici la note tragique. On a vu, un peu partout, dans l'étendue de la grande République, des gens qui ayant cru sur parole et dur comme fer que, suivant le mot du prophète de leur secte, la fin du monde était irrévocablement fixée à 24 heures, avaient jugé sage de choisir un genre de mort à leur convenance et s'étaient tués avant l'heure fatale. Rien que dans la ville de Cleveland, on cite le cas de six jeunes filles qui, pour ce motif, devancèrent l'heure du destin.

[Les « Seventh Day Adventists » de France déclarent qu'ils ne prédisent ni ne fixent la fin du monde.]


Robert Reidt Reidt Robert


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