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L'Oeuvre - 08 févvrier 1925


S'il y a un être tributaire de son sexe, c'est bien l'homme

Hors d'Œuvre
"Totus homo in…"

On joue actuellement à Paris, et sous divers titres, une pièce qui a pour sujet l'incandescence des femmes. Ça s'appelle Mademoiselle Julie... Ça s'appelle L'Amant rêvé... Ça s'appelle Tota Mulier, et autrement encore.
Un sujet dramatique est contagieux, ou plus exactement épidémique. Tous les auteurs découvrent la même chose en même temps, pour y trouver une thèse morale ou des effets comiques. L'an dernier, nous avons eu la saison de l'inceste; cette année voit la mode de la dame au tempérament excessif. L'un et l'autre sujet n'ont d'ailleurs rien de bien nouveau; combinés, ils ont donné Phèdre, qui (surtout jouée par Mme Segond-Weber) est un spectacle horrifique et affligeant.
Le diagnostic d'Hippocrate (Tota mulier in utero) nous prouve que les médecins grecs, comme les médecins français du temps de Molière, s'exprimaient en latin afin d'épater leurs clients. Il semble erroné en ce qu'il prend le tout pour la partie. Il peut donner matière à d'excellents vaudevilles en liquette, et les vaudevillistes n'y ont pas manqué. Par contre, il y a quelque exagération et quelque injustice, de la part d'un clinicien dramatique, à nous montrer «l'enfant malade et douze fois impur» non pas comme un phénomène tératologique, mais comme un cas pathologique presque normal.

Que le sexe d'une femme soit un volcan, d'accord. Mais il n'y a rien de plus calme qu'un volcan, les éruptions volcaniques étant rares et accidentelles. Je m'étonne de ce que les journaux « féministes » ou « de progrès féminin » n'aient pas relevé le défi.
Vraiment, s'il y a un être tributaire de son sexe, c'est bien l'homme. S'il y a un être prêt à répondre au premier appel du désir, c'est bien le mâle. Nous reprochons aux femmes de changer, pour trouver mieux. Ne changeons- nous pas constamment, pour changer?

Georges De La Fouchardière

Qui est-ce qui se prostitue vilainement, achetant de son plein gré l'amour que la femme vend contrainte et forcée ? C'est l'homme.
Qui est-ce qui se vante de cet avilissement dont la femme a honte ? C'est l'homme.
Qui est-ce qui ruse, ment, trahit par sport et par jeu ? C'est l'homme.
Qui est-ce qui laisse tomber les femmes après les avoir séduites? C'est l'homme.
C'est l'homme perfide et violent qui invoque à tout propos les règles de l'honneur dans les circonstances les plus absurdes, mais qui exclut délibérément l'honneur des règles du jeu sexuel.

Tel est le sujet d'article que je suggère à une de mes consoeurs de La Française ou de La Voix des Femmes. Et voici le titre: La Paille et la Poutre.

G. DE LA FOUCHARDIÈRE.


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