TERRIBLE CATASTROPHE DANS UNE MINE DE LA RUHR
BERLIN, 12 février. Une très forte explosion de grisou s'est produite hier soir à 20 h. 10 dans le puits N C 3 de la mine «Ministre Stein», située au nord de Dortmund. Cette mine appartient à la société Gelsenkircken: 143 mineurs se trouvaient dans la mine au moment de l'explosion qui a été extrêmement violente. Trois galeries de l'intérieur de la mine se sont effondrées. L'explosion s'est produite près du puits d'aération qui a été bouché par l'éboulement, ce qui eut pour effet de refouler les gaz à l'intérieur de la mine. Ne trouvant aucune issue, la plupart des mineurs ont trouvé la mort par asphyxie.
Un communiqué de la direction des mines La direction des mines a fait savoir à 13 heures que le nombre présumé des victimes de la catastrophe de Dortmund était de 138. 129 cadavres avaient été retirés de la mine à 19 heures, Deux infirmiers qui participaient au sauvetage ont été asphyxiés. La majorité des cadavres retirés portent des traces d'asphyxie. De nombreuses équipes de sauvetage s'étaient mises au travail immédiatement après l'explosion, mais les travaux de sauvetage ont été rendus presque impossibles, au commencement, toutes les issues de la mine étant obstruées par des éboulements, et les émanations de gaz empêchant les équipes de secours de pénétrer à l'intérieur de la mine.
Lorsqu'une issue était frayée, plusieurs personnes appartenant aux équipes de sauvetage ont été intoxiquées par les gaz et ont dû être remontées par leurs camarades. C'est seulement dans la matinée que les premiers cadavres ont pu être sortis. de la mine.
Huit mineurs retirés vivants
Huit mineurs seulement ont pu être retirés vivants. Plusieurs des cadavres sont carbonisés à un tel point qu'une identification est impossible. Devant la porte de la mine sont massées les familles des mineurs appartenant aux équipes surprises par l'explosion. Des scènes déchirantes ont lieu. De nombreux renforts de police sont obligés de monter la garde près de la porte de la mine. Il résulte des dernières nouvelles que sur divers poins de la mine des groupes de mineurs ont survécu plusieurs heures à l'explosion. Les sauveteurs ont, en effet, trouvé une inscription, écrite à la craie, disant «Nous sommes 19, encore en vie à 1 heure du matin.». Un des cadavres portait sur sa casquette cette inscription, également écrite à la craie:
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