| La Presse 11 janvier 1925 |
La Quotidienne Un explorateur de la Chine, le docteur A.-F. Legendre, signalait, l'autre jour, dans un article remarqué, la forme nouvelle que prenait actuellement le « péril jaune », à cause de la propagande soviétique en Asie, où elle recrute des adeptes nombreux et fanatiques. Le bolchevik ne prêche pas la-bas, comme en Europe, le dogme communiste; il s'efforce d'exaspérer l'antagonisme racial et d'exalter le Sentiment religieux; il s'emploie à développer la haine des étrangers, représentés comme des conquérants et des oppresseurs. Le terrain était, d'ailleurs, préparé; il suffisait de l'exploiter, en flattant les aspirations confuses de la masse asiatique. Des Français possédant le don et le goût d'observer, avaient déjà, bien avant les événements actuels, avant même la grande guerre qui a si profondément remué le vieux monde et agité tous les peuples, avaient, donc, remarqué cette évolution de la Chine et appelé l'attention sur les dangers qui pouvaient en résulter. Ceux qui parcoururent la Chine, après la mort de la vieille impératrice Tsen-Hi, qui régnait sur quatre cents millions d'habitants, et dont la puissance n'avait pas subi d'éclipse pendant cinquante ans, ceux-là avaient clairement discerné que la disparition de cette créature de génie, de ruse et de cruauté, entraînait l'ébranlement de tout un passé et marquait la naissance d'un monde nouveau. En conclusion de son livre sur la Chine novatrice et guerrière, paru en 1906, le capitaine d'Ollone aujourd'hui général commandant le groupe de la subdivision de Soissons, insistait sur l'inquiétude que devait causer l'éveil brusque du sentiment patriotique chez un peuple dont l'apathie et l'indifférence semblaient être les caractéristiques essentielles. Et, vers la même époque, l'écrivain qui signe Avesnes, un ancien officier de marine, à cette heure membre écouté du mat, après avoir été un héros magnifique de l'épopée des fusiliers marins, dans la région de Dixmude, d'où il revint cruellement mutilé, Avesnes, donc, consacrait la moitié de l'attachant ouvrage qu'il a publié sous le titre «En Face du Soleil Levant», à l'analyse de cette évolution rapide de la Chine, qu'il avait pu observer de près, et dont il étudiait les causes et dénonçait les tendances. PAUL MATHIEX. |
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