Une commission qui aboutit…
On médit trop souvent et trop justement des commissions pour ne pas souligner la réussite de celle qui vient de déterminer la suppression de Biribi. Bien des enquêtes avaient été déjà ordonnées sur les bagnes militaires: elles n'avaient pas abouti. Un officier supérieur fut même chargé d'une mission spéciale et, malgré un long séjour en Afrique, ne découvrit rien d'anormal. La commission désignée par le général Nollet travaille vite et bien. Sous l'impulsion vigoureuse de son président, le général Michaud, elle visita tous les pénitenciers; elle interrogea près de dix-huit cents détenus, de telle manière qu'ils purent répondre avec sincérité; elle prit sur place des sanctions énergiques. Elle fut si laborieuse que deux de ses membres, des magistrats, sont tombés malades par suite des fatigues endurées. Rentrés en France, le général Michaud et ses collaborateurs ont présenté des conclusions dont la netteté contrastait heureusement avec l'incertitude habituelle des rapports officiels, où l'on ne touche que d'une main légère aux institutions établies. Et les bagnes militaires, dont Francis de Pressensé dénonçait, il y a dix-huit ans, à la tribune, les abus odieux, sont enfin supprimés. C'est un fait nouveau qu'une commission, au lieu d'enterrer une réforme, l'ait fait aboutir.
G. G.
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