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La Presse 29 janvier 1925


 l'accession à la petite propriété ne doit pas être une tromperie

L'ACCESSION A LA PETITE PROPRIÉTÉ

Elle ne doit pas être une tromperie

On a beaucoup encouragé, avec raison, en ces dernières années, la construction d'habitations individuelles, sous le couvert d'une loi éminemment sociale à laquelle on a donné le nom de son initiateur, M. Ribot. Le nombre des pavillons qui se sont édifiés depuis quatre années dans la banlieue parisienne est d'autant plus considérable que les difficultés pour trouver un logement n'ont fait que croître. Des collectivités comme la Ville de Paris et le Département de la Seine ont même prêché d'exemple en créant des cités-jardins, locution à la forme plus agréable que ne le sont en réalité les agglomérations dont nous indiquions tout récemment les tares originelles.
Si nous en croyons des indications qui nous sont fournies par des intéressés, il n'y a pas que les pavillons officiers soient critiquables et quantité de personnes, qui ont eu recours à des moyens privés, font entendre certaines objections paraissant justifiées.

Des conditions léonines
Ainsi, on nous signale que dans certains lotissements, il est interdit d'avoir des clapiers, des poulaillers, ce qui semble d'autant plus surprenant que, par principe, les pavillons sont acquis par des pères de famille désireux de donner à leurs enfants un abri sûr. Or, le poulailler représente des œufs frais pour les petits et le clapier de la viande moins coûteuse pour la famille.
D'autres plaignants nous disent :
Le pavillon que nous avons fait construire, avec paiements échelonnés, est de dimensions trop restreintes. Il peut, au pis aller,abriter le père, la mère et deux enfants. S'il en survient un troisième, on ne sait plus où le mettre, en raison de clauses qui interdisent l'agrandissement de la maisonnette, Comment concilier de telles conditions avec les conseils, à tout instants répétés, en faveur de la natalité ? Une réforme nécessaire
Il est certain que ces plaintes méritent d'être entendues.

La récente loi votée par le Parlement et qui réglemente les lotissements veut que l'on respecte l'hygiène et les principes de la salubrité. On ne pouvait laisser se prolonger le scandale des abominables agglomérations de masures qui se constituaient autour de Paris, sans routes, sans égouts, sans eau, sans lumière. Il est donc tout naturel que l'on ne permette plus certaines fantaisies qui viendraient compromettre une œuvre d'ensemble et cela dans l'intérêt même des habitants.

Cependant, il ne faudrait pas non plus que sous ce prétexte on puisse dresser des contrats léonins, en opposition flagrante avec le plus simple bon sens et une saine compréhension des besoins de la vie. Ce serait arrêter tout net le merveilleux élan en faveur de l'accession à la petite propriété et auquel ont coopéré de nombreuses autorités et des élus.
Il serait possible d'établir des cahiers de charges-types s'inspirant au besoin des régions ou lieux où doivent être édifiées les maisonnettes et qui seraient adjoints au plan d'extension que doivent dresser les municipalités. De la sorte, il n'y aurait plus de ces conflits, de ces déceptions dont les réclamations que nous venons de produire sont le reflet. Il devrait être tenu compte de ces suggestions dans le projet dont le Parlement, sur la proposition de M. André Payer, vient de décider la mise à l'étude.


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