| L'Œuvre 29 janvier 1925 |
LES FONDS ÉLECTORAUX M. Peschaud a subventionné le syndicat des actionnaires des chemins de fer adhérent à l'Union des Intérêts Économiques La commission d'enquête sur les fonds électoraux a entendu hier un certain nombre de directeurs de chemins de fer. Tous ont déclaré que les Compagnies prélevaient sur les fonds du domaine privé une somme affectée à la publicité et que la gestion de ce budget était confiée à M. Peschaud. Interrogé, celui-ci a fait la déposition suivante : Les Compagnies de chemins de fer ont de très gros intérêts à défendre ceux des actionnaires et des obligataires, leur crédit; à ces fins, nous avons un budget de publicité dont l'existence remonte à de nombreuses années et dont j'ai la gestion depuis un certain temps. Comment est-il alimenté ? Les Compagnies ont deux sortes de comptes les comptes de premier établissement et d'exploitation soumis au contrôle de l'Etat : c'est le fonds public. A côté il existe un domaine privé constitué par des fonds qui sont la propriété des actionnaires. C'est sur ces fonds qu'est alimenté le budget de publicité, dont jamais la nécessité n'a été plus grande, étant données les difficultés que nous avons eues à contracter nos récents emprunts. Depuis la fin de la guerre nous avons emprunté quinze milliards de francs. Ces sommes, nous avons pu les obtenir grâce à notre crédit soutenu par notre budget de publicité. Les Compagnies de chemins de fer n'ont jamais subventionné l’Union des Intérêts Économiques ni aucun groupement s'y rattachant sur leurs fonds d'exploitation. Mais il s'est constitué, il y a environ 15 ans, en dehors des Compagnies une association des actionnaires et des obligataires ayant pour but la défense de leurs intérêts. Elle ne s'occupe pas de la gestion des Compagnies, mais il s'est établi entre nous des relations de confiance. Un jour, les membres du bureau de cette association sont venus nous dire qu'ils avaient décidé de réunir des fonds pour intensifier la défense de la bonne tenue de leurs titres. Leur projet nous a paru légitime. Nous avons estimé que nous devions répondre à leur appel. Nous avons remis différentes sommes à cette association. Personnellement, sur le budget de publicité des Compagnies, j'ai prélevé des sommes que j'ai remises à cette association, n'ignorant pas ses relations avec l'Union des Intérêts Économiques. Voilà exactement ce qui s'est passé.
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