PROPOS D'UN VERSAILLAIS Les grenouilles de la fable
L'illogisme et l'inconstance sont le propre de bien des gens et de... Versaillais. Tel qui veut blanc, lorsqu'il l'a obtenu, réclame noir à grand fracas. Mais si ce travers n'a rien en soi qui puisse nous surprendre, du moins est-il fort regrettable que certains «qui ne savent pas ce qu'ils veulent» usent de leur influence pour entraîner la cité dans des frais qu'ils rendent inutiles après les avoir âprement exigés. Il y a quelque temps déjà, l'opinion publique de notre ville (entendez une poignée de braillards et 3 ou 4 articles de presse) obtint à coups de délégations, de criailleries et de menaces la transformation onéreuse du Théâtre des Variétés. Il fallait une «salle des Fêtes» pour nos sociétés. Peu pressée de gaspiller les deniers publics pour la remise en état d'un local qui semble avoir définitivement perdu la faveur du public, notre municipalité, après s'être fait tirer l'oreille, s'exécuta cependant, mais à contre-cœur, sous la pression d'une «campagne» à laquelle (sous peine d'être classé parmi les plus rétrogrades des diplodocus) il n'aurait pas fait bon de résister. Il en coûta quelques centaine de mille francs. Et la salle terminée, nos «jamais contents» s'aperçoivent que «c'est grand», que «c'est froid», que «c'est loin ». C'est à qui ne voudra pas de cette vieille belle replâtrée et les plus ardents à en commander le coûteux rajeunissement lui tournent le dos à l'heure des bals et des banquets.
Mieux encore! Inconscients de leur monstrueuse incohérence, au lieu de boire le mauvais vin qu'ils nous ont fait tirer de force, les amateurs de «salle des Fêtes» réclament encore. Savez- vous ce qu'ils veulent maintenant ? Ah! non, je vous le donne en mille... la construction d'une nouvelle «salle des Fêtes» tout simplement !!! Et ce sont ces gens-là qui ont la prétention de gérer prochainement les affaires de la Ville. Contribuables, à vos poches!
Maurice ALLAIN.
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