Parlons colonies
On ne s'en occupe peut-être pas assez en France. Il faut qu'il s'y passe un accident grave, qu'une faute administrative s'y commette, pour qu'on leur accorde quelque attention. Cependant, étant donné le profit que l'on pourrait en tirer, le développement que l'avenir leur réserve, il semble qu'il n'y aurait aucun mal à marquer un peu plus d'intérêt pour ces pays que chaque jour le progrès rapproche de nous et dont le rendement est d'année en année plus considérable.
Voici par exemple quelques chiffres relatifs au Moyen-Congo: Pendant le troisième trimestre 1924, le mouvement commercial a atteint 9,671,321 francs dont 4,209,049 pour les exportations et 5,462,272 pour les importations. Par comparaison avec la période correspondante de 1923, on constate, en ce qui regarde 1924, une augmentation de 4,537,170 francs, francs, dont 1,852,827 francs exportations et 2,684,343 francs importations. Cette différence, comme on le voit, est très importante et fait bien augurer de l'activité et des destinées de la colonie. Si elle achète encore plus qu'elle ne vend, c'est le résultat d'une situation passagère qui tend à se modifier. Lorsque les missions automobilistes et aériennes qui ont pris à tâche d'établir des communications plus faciles, moins coûteuses dans ces vastes et lointaines régions, auront réalisé ce plan, les marchandises produites ou fabriquées par le Moyen-Congo circuleront avec plus de rapidité, à plus bas prix, et la quantité offerte sera très supérieure à ce qu'elle est à présent. Ce n'est pas douteux, viendra un jour où, grâce à ses colonies, la France ne sera plus, à aucun point de vue, la tributaire de personne.
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